Le voyage s’est transformé en cauchemar. Une soudaine et violente attaque à l’arme blanche a fait onze blessés dont neuf graves samedi soir, dans un train parti de Doncaster en direction de Londres. Dimanche midi, deux des victimes ont encore leur pronostic vital engagé.

Deux suspects ont été arrêtés. Leurs motivations, qui ont plongé des dizaines de passagers dans l’horreur et le chaos, sont encore inconnues. La police écarte à ce stade un motif terroriste. Les deux personnes interpellées pour « suspicion de tentative de meurtre », sont « un homme noir de 32 ans, de nationalité britannique, et un homme de 35 ans, de nationalité britannique et d’origine caribéenne », a déclaré un responsable de la British Transport Police.

Du départ du train au premier coup de couteau jusqu’à l’arrivée des secours, retour minute par minute sur une attaque qui bouleverse tout le Royaume-Uni.

18h25. Le train part de Doncaster en direction de Londres King’s Cross. Cette liaison, opérée par la compagnie ferroviaire LNER, est très prisée : elle permet de rallier la capitale depuis le centre du Royaume-Uni en un petit peu moins de deux heures. Les passagers montent à bord du train qui sera sans arrêt jusqu’à Petersborough, à mi-chemin.

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19h27. Le train vient de faire son premier arrêt et quitte la gare de Peterborough. Rien à signaler, pour le moment.

19h36. L’heure où tout bascule. Alors que le train poursuit sa route en direction de Londres, un passager se lève au fond du wagon avec un grand couteau. Les autres voyageurs restent d’abord figés. Certains d’entre eux pensent même qu’il s’agit d’une blague pour la fête d’Halloween, célébrée ce week-end dans le monde entier. Ils comprendront très vite que ce n’était pas le cas.

L’assaillant se lance dans son attaque et fait ses premières victimes. « Courez, il y a quelqu’un qui poignarde tout le monde », aurait crié un passager, selon un témoin cité par nos confrères britanniques de la BBC. La panique gagne les rangées des wagons. Les voyageurs s’enfuient, se cachent aux toilettes ou sous les sièges. D’autres se marchent dessus et piétinent leurs voisins. Un homme, poignardé et ensanglanté, « se frayait un chemin à travers le wagon pour échapper aux suspects », raconte Gavin auprès de Sky News.

19h39. Le chaos règne dans les rames. Au milieu des cris et les pleurs, certains passagers parviennent à atteindre le cordon d’urgence, qui permet l’immobilisation rapide du train.

19h42. La police des transports britanniques est contactée en urgence. Le conducteur reçoit la consigne d’arrêter le train dans la station la plus proche, soit celle d’Huntingdon, à 120 km au nord de Londres. Pendant ce temps, l’assaillant déambule toujours avec son couteau de wagon en wagon. Le code « Plato », le protocole déclenché au Royaume-Uni en cas d’attaque terroriste, est activé.

19h45-19h50. Le train est arrêté en gare d’Huntingdon. Les forces de l’ordre s’apprêtent à monter dans la rame, tandis que les secours s’organisent pour prendre en charge les blessés sur le quai. « Les policiers armés désignaient le suspect du doigt lorsque nous sommes descendus du train », raconte Gavin auprès de Sky News.

« La police criait : à terre, à terre ! », poursuit le témoin. « Il (le suspect) brandissait un couteau assez grand. Ils l’ont interpellé. » Selon d’autres médias britanniques dont The Independent, les policiers ont réussi à maîtriser l’assaillant avec un taser. Un autre suspect a été arrêté sans difficulté. Son rôle dans cette affaire est pour le moment peu connu.

20h. Les blessés sont en train d’être évacués et pris en charge par les secours. L’homme ensanglanté, qui tentait de fuir l’assaillant dans les wagons du train, est directement mis dans une ambulance en direction de l’hôpital, rapporte le Guardian. Au total, onze personnes ont été blessées, dont neuf grièvement. Aucun décès n’est, pour l’heure, à déplorer.

21h-22h. Tout le secteur autour de la gare d’Huntingdon est bloqué. La police antiterroriste est mobilisée pour mener l’enquête et les premières investigations. Les passagers qui n’ont pas été blessés, eux, sont redirigés vers des bus en direction de Londres. Un peu plus tard dans la soirée, le code « Plato » est levé. Les autorités estiment que la situation est sous contrôle et qu’aucune autre menace ne plane sur le Royaume-Uni.