Publié le
2 nov. 2025 à 16h52
Toulouse, le 12 avril 2019. Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, accompagné de Jacques Boulard, premier président de la cour d’appel et de Monique Ollivier, procureure général, inaugure, après plusieurs mois de travaux, la » nouvelle » place du Salin. L’iconique statue de Jacques Cujas, toilettée, retrouve sa position originelle face au palais de justice. On y admire le grand intellectuel humaniste (1522-1590) en majesté, vêtu d’une robe de juriste, d’un lourd manteau et coiffé d’un chapeau, tenant dans sa main droite un livre ouvert et pointant son index gauche devant lui.
L’un des plus grands juristes de l’histoire
L’homme, considéré parmi les plus grands juristes de l’histoire, est issu d’une famille plutôt aisée du capitoulat (équivalent de quartier) de la Daurade.
Formé par les plus éminents professeurs, dont le jurisconsulte et diplomate Arnaud du Ferrier, il enseigne dès 1547 à la faculté de droit comme hallebardier (étudiant licencié mais pas encore docteur) un cours introductif sur l’apprentissage du droit romain avec les Institutes de Justinien. Appuyé par les grandes familles toulousaines, il accepte d’assurer le préceptorat des deux fils aînés du juge-mage et futur président au parlement Michel Du Faur.
Un enseignant itinérant
Ne pouvant accéder à la chaire de droit romain de Toulouse, Cujas accepte l’offre de l’université de Cahors puis celle plus prestigieuse de Bourges, centre de l’humanisme juridique du royaume. Malgré le soutien de Marguerite de Valois (future reine de Navarre puis de France) et de son chancelier Michel de L’Hospital, il se heurte à la jalousie de ses collègues dont le doyen François Le Douaren qui le force à partir.
Après un crochet par Turin puis Paris, et en dépit des troubles engendrés par les guerres de Religion, Cujas acquit une renommée certaine à Valence où il professe entre 1567 et 1575. Régulièrement sollicité par les autorités judiciaires, il devient même conseiller honoraire au parlement de Grenoble. Il quitte le Dauphiné pour s’établir de nouveau dans la capitale du Berry où il achève sa carrière.
L’étude pluridisciplinaire des textes
Sa méthode repose sur une approche véritablement pluridisciplinaire. Il confronte les versions, en se fondant sur des sources aussi bien latines que grecques, mais aussi juridiques et littéraires. Il opère, dans le même temps, une analyse philologique, ce qui lui permet de rétablir la langue et la grammaire latine.
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Par ce raisonnement et les commentaires des compilations justiniennes, il renouvelle grandement la compréhension du droit romain. Son œuvre, assez colossale, est constituée au final d‘une trentaine d’ouvrages – dont une dizaine publiée à titre posthume – ce qui équivaut à dix volumes in-folio, soit plus de 13 000 colonnes en latin.
Mathieu ARNAL
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