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Un drame terrible a secoué Lille dans la nuit du 1er novembre.
Un étudiant de 19 ans a perdu la vie, fauché par un automobiliste
en fuite, soupçonné d’avoir consommé
du protoxyde d’azote
. Une nouvelle campagne a été lancée ce 24
octobre 2025 par la Fondation VINCI Autoroutes pour rappeler les
dangers de ce fléau qui touche de plus en plus de jeunes
conducteurs.

Un nouveau drame sous l’effet du
protoxyde d’azote

L’accident s’est produit en plein centre-ville, vers cinq heures
du matin, lorsqu’un conducteur de 31 ans a refusé d’obtempérer à un
contrôle de police avant de percuter violemment le jeune homme sur
un passage piéton. Selon Clément Coasne, délégué du syndicat Unité
police, « Les fonctionnaires de police ont remarqué un
conducteur qui roulait à toute vitesse. Quand ils sont arrivés à la
hauteur de cet individu, ils se sont rendu compte qu’il consommait
du protoxyde d’azote ». Le suspect, interpellé peu après les
faits, a été mis en examen pour homicide routier et refus
d’obtempérer.

Des chiffres alarmants, et les jeunes
en première ligne

L’affaire a relancé le débat sur l’usage détourné du protoxyde
d’azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant. Ce produit,
utilisé à l’origine en anesthésie ou dans l’agroalimentaire, est
devenu en quelques années un phénomène de société, prisé des jeunes
pour ses effets euphorisants de courte durée. Mais cette légèreté
apparente dissimule un risque grave :
troubles neurologiques
, perte de coordination, accidents
parfois mortels.

Selon une enquête Ipsos menée pour la Fondation VINCI
Autoroutes, « 1 jeune de moins de 35 ans sur 10 a déjà consommé
du protoxyde d’azote lors d’une soirée entre amis » et
« parmi eux, 1 sur 2 en a pris en conduisant ». Les chiffres
sont alarmants : « 7 % des moins de 35 ans ont déjà été
passagers d’une voiture dont le conducteur avait pris du protoxyde
d’azote ». Plus inquiétant encore, « 10 % des jeunes de 16 à
24 ans considèrent que prendre du protoxyde d’azote en conduisant
n’est pas dangereux » et « 11 % pensent qu’être passager
d’un conducteur ayant consommé n’est pas risqué ».

Pour Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation VINCI
Autoroutes, « Face au volume grandissant de bonbonnes de
protoxyde d’azote retrouvées au bord des voies ou sur les aires
d’autoroute, il est urgent d’alerter le grand public, et les jeunes
en particulier, sur les dangers de l’inhalation de ce gaz qui n’a
rien d’hilarant ».

Que faire en cas d’intoxication ou de
dépendance au protoxyde d’azote ?

Les effets du protoxyde d’azote ne se limitent pas à une simple
perte de vigilance. Inhalé régulièrement, il peut provoquer des
troubles neurologiques graves,
une perte d’équilibre
, des difficultés à marcher, voire

une paraplégie
.

En cas d’intoxication, il est recommandé de consulter
immédiatement un médecin ou d’appeler le centre antipoison au 01 45
42 59 59. Si la personne présente des troubles respiratoires, un
malaise ou
une perte de connaissance
, les numéros d’urgence (112, 15 ou
17) doivent être contactés sans délai. Les femmes enceintes sont
également invitées à éviter toute exposition à ce gaz, dangereux
pour le fœtus.

Lorsqu’une dépendance s’installe, le recours à un professionnel
de santé est indispensable. Les centres de soins, d’accompagnement
et de prévention en addictologie (CSAPA) peuvent proposer un suivi
adapté, tout comme les consultations jeunes consommateurs (CJC)
pour les moins de 25 ans. Drogues info service (0 800 23 13 13) ou
le site http://www.drogues-info-service.fr
reste aussi un interlocuteur disponible et gratuit, 7 jours sur
7.

Une campagne nationale pour briser le
faux rire du proto

Face à la multiplication des drames et à la banalisation du
« proto », la Fondation VINCI Autoroutes a lancé le 24 octobre 2025
une campagne de sensibilisation intitulée « Protoxyde d’azote : rien
d’hilarant ». Le clip, diffusé sur les réseaux sociaux et sur les
aires d’autoroute, montre d’abord des visages en plein fou rire
avant de révéler la réalité tragique derrière ces scènes :
accidents, hospitalisations, paralysies.

Objectif : provoquer une prise de conscience collective. Sur le
terrain, la Fondation s’est associée à l’association Protoside pour
aller à la rencontre des familles et des jeunes voyageurs.
Guillaume Grzych, président du réseau Protoside et maître de
conférences au CHU de Lille, alerte : « Les résultats de cette
enquête confirment ce que nous observons sur le terrain. Ce
problème de santé publique est largement sous-estimé par les
systèmes actuels de signalement via les services d’urgence. Il faut
prévenir mieux, détecter plus tôt et déployer des actions
concrètes ».

Ce drame à Lille illustre tragiquement la dérive d’un gaz festif
devenu un poison silencieux. Derrière le rire, c’est une urgence
sanitaire que les autorités et les associations tentent désormais
de faire entendre.