Par

Franck Hermel

Publié le

4 nov. 2025 à 12h14

Il est des statues, aux Sables-d’Olonne, dont on a bien entendu parler. Ulysse et Saint-Michel ont occupé le devant de la scène. Mais il en est d’autres qui se font plus discrètes et qui, pourtant, méritent que l’on s’y intéresse. C’est en tout cas ce que le dernier numéro de la revue de la société Olona nous invite à faire avec « La Source ». Nombreux sont les Sablais qui ont dû passer à plusieurs reprises devant cette nymphe sans jamais vraiment la voir. Pourtant, la statue mérite qu’on s’y attarde. Priscilla Giboteau lève quelques-uns de ses mystères grâce à l’entrée de nouveaux documents dans les archives municipales.
L’œuvre, située sur le parking de l’abbaye Sainte-Croix, visible depuis l’avenue de Verdun, représente une jeune femme nue, « tenant une corne d’abondance d’où s’écoule un filet d’eau », décrit Priscilla Giboteau dans son article.

Également au sommaire

Le dernier Bulletin de la Société Olona invite également le lecteur à lire la suite de l’article d’Anne Le Suün sur l’usine Guerlesquin au début des années 50 à travers le regard d’un stagiaire. Yanice Michaud s’intéresse à l’art du vitrail religieux aux Sables-d’Olonne, tandis qu’Anton Lavigne nous fait visiter les bains douches. 

Maurice Legendre et Maurice Durand

Elle a été installée en 1969. Elle est l’œuvre d’un sculpteur originaire d’Angers, Maurice Legendre. Ce dernier est né en 1875. Il a suivi sa formation à l’École des beaux-arts de sa ville natale. Il a acquis, au cours de sa carrière, « une solide réputation dans le milieu artistique local, tant pour ses œuvres de statuaire que pour ses commandes décoratives liées à l’architecture ».

À Angers, on lui doit la restauration de l’intérieur de la chapelle du Roi René au château, la statue de Saint-Louis pour le Champs des Martyrs ainsi que plusieurs œuvres exposées au musée des Beaux-Arts.

Angevin, Maurice Legendre n’en est pas moins lié aux Sables-d’Olonne. Il y séjourne ponctuellement entre 1913 et les années 30. Il collabore étroitement avec un architecte dont l’œuvre est majeure aux Sables-d’Olonne : Maurice Durand. On doit donc à Legendre la décoration de plusieurs édifices sablais : immeubles de la rue Travot, de la place Foch, du Remblai.

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« Son œuvre majeure aux Sables-d’Olonne reste sans conteste le monument aux morts, commandé à l’issue de la Première Guerre mondiale. »

Priscilla Giboteau

La couverture de bulletin Olona.
La couverture du dernier bulletin Olona. ©Olona

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« Une continuité entre les arts »

Maurice Durand décrit son ami comme « un artiste modeste, d’une grande sensibilité, ayant au surplus l’expérience d’un praticien qui lui a permis de réaliser aussi bien de la statuaire que de la sculpture décorative. »

Où voir les œuvres de Maurice Legendre ?

Maurice Legendre a beaucoup travaillé en Vendée. Priscilla Giboteau donne quelques exemples de ses œuvres à travers le département. On lui doit ainsi la restauration des sculptures de l’église de Saint-Jean-de-Monts et la création de huit statues en ciment. On lui doit la décoration intérieure et extérieure de la Chambre de commerce de la Vendée ainsi que celle de la façade de l’hôtel département des PTT à La Roche-sur-Yon. Aux Sables-d’Olonne, son travail est visible sur les villas Mirasol, Riviera, le Printemps, Ostrea. On lui doit le monument aux morts des Sables-d’Olonne mais aussi la sculpture de ceux de petites cités de Vendée : Chantonnay, Angles, Coëx, Saint-Hilaire-de-Riez ou encore Vairé.

Mais la Source n’est pas une œuvre de commande. Elle n’arrivera aux Sables-d’Olonne qu’après le décès du sculpteur, survenu le 29 janvier 1964.

« La sculpture se trouvait dans le jardin de la maison familiale, à Angers », explique Priscilla Giboteau. Sa veuve a proposé la statue à l’architecte. Mais la Ville a proposé de l’installer à proximité du musée de l’abbaye Sainte-Croix qui venait d’être restauré.

La statue permettait d’affirmer « symboliquement une continuité entre les arts du passé et ceux de son temps, tout en rendant hommage à Maurice Legendre. Ce choix de localisation faisait également écho à l’histoire personnelle et artistique du sculpteur. C’est justement dans un bâtiment jouxtant l’actuel musée, rue Printanière, que Legendre avait installé son atelier au début des années 1920, lors de la réalisation du Monument aux Morts de la Ville. »

Une démarche symbolique, autant qu’un hommage rendu par un ami.

Bulletin de la Société Olona numéro 273, septembre 2025.

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