- En salles mercredi, « Predator : Badlands » confirme la résurrection d’une franchise de science-fiction tombée aux oubliettes.
- Sur une planète hostile, le chasseur extra-terrestre devient le héros d’une traque sans temps mort.
- TF1info a discuté de ce petit miracle avec son réalisateur et scénariste, le malin Dan Trachtenberg.
Avouons-le franchement : après une flopée de suites mal fagotées qui ont dilapidé l’héritage du chef-d’œuvre de John McTiernan avec Arnold Schwarzenegger en 1987, né de l’imagination des frères Jim et John Thomas, on a longtemps cru la franchise Predator morte et enterrée pour de bon.
Si vous avez manqué le début, la créature qui donnait son titre au film d’origine est un chasseur extra-terrestre à la peau de reptile, la gueule pleine de dents pointues et la musette remplie d’armes sophistiquées, naviguant à travers les galaxies en quête d’un gros gibier dont il conserve le crâne bien lisse en guise de souvenir.
Au fil des décennies, la créature a fini par devenir plus populaire que les humains insipides qu’elle décime les uns après les autres, tuant toute forme de suspense au passage. Jusqu’à l’arrivée en 2022 du jeune réalisateur et scénariste Dan Trachtenberg, pur produit de l’écurie J.J. Abrams. Son idée de génie ? Téléporter le personnage au XIXème siècle, dans une Amérique encore sauvage, pour un face-à-face sans pitié avec une jeune chasseresse comanche. Sorti directement sur Disney+, Prey a enthousiasmé les fans et les critiques. Inspiré, son auteur a enchaîné avec le film d’animation Predator : Killer of Killers et aujourd’hui Predator : Badlands, qui a les honneurs d’une sortie en salles.
Et si nous réussissions ce tour de magie de vous faire vibrer pour le Predator ?
Dan Trachtenberg
« Ce qui est marrant, c’est que je n’ai pas débarqué sur cette franchise en me demandant comment faire un film Predator, ni même comment la rendre cool », confie Dan Trachtenberg à TF1info. « J’avais envie de faire un film d’action qui emprunterait le chemin du survival à la manière de The Revenant ou Gravity, et j’adorais l’idée d’injecter de la science-fiction dans un drame historique, deux choses qui ne vont pas normalement ensemble. C’est comme ça que j’ai conçu Prey. Je me suis demandé comment faire un film qui n’existait pas déjà et j’ai conservé cette mentalité pour les suivants. »
Une série télé dans les cartons ?
À l’opposé des films précédents, Badlands se déroule dans le futur, sur une planète lointaine où un jeune Predator baptisé Dek (l’inconnu néo-zélandais Dimitrius Schuster-Koloamatangi) est exclu de son clan suite à un dilemme quasi shakespearien. Propulsé à travers l’espace, il débarque sur une terre hostile dont la faune vorace est sur le point d’avoir sa peau lorsqu’il reçoit le coup de main inattendu de Thia (Elle Fanning), une moitié de cyborg, propriété de la multinationale Weyland Yutani que les amateurs de la saga Alien connaissent bien. Cet improbable duo va unir ses forces dans une aventure sauvage qui en met plein la vue… et se révèle plus émouvante qu’on pourrait le croire en entrant dans la salle.
Derrière le masque du Predator, l’acteur néo-zélandais Dimitrius Schuster-Koloamatangi. Si si, c’est un mec sympa ! – 20th Century Studios
« Dans ce genre de film, on tombe souvent amoureux de la créature qui accompagne le héros ou du méchant monstre », explique Dan Trachtenberg. « Mais il n’y avait jamais eu de film centré rien que sur eux. Et si c’était eux l’histoire ? Et si nous réussissions ce tour de magie de vous faire vibrer pour le Predator et d’avoir envie de le soutenir ? Pas en le confrontant à des humains détestables qu’il éliminerait sous nos yeux les uns après les autres. Mais en lui faisant vivre sa propre histoire, avec un cœur gros comme ça au milieu de toute cette violence folle et brutale. »
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Spectaculaire et sans temps mort, Predator : Badlands séduit par sa générosité et l’affection évidente de son créateur pour ses personnages. Une touche d’humour et de tendresse en plus, lorgnant sur la recette d’une série comme The Mandalorian. Les aventures du chasseur le plus affuté de la galaxie vont-elles se prolonger en série à la manière de la saga Star Wars ? À moins qu’un nouveau crossover avec le xénomorphe d’Alien soit déjà dans les cartons ? « Ce que je voulais, c’est que vous puissiez profiter de ce film sans connaître les autres », insiste Dan Trachtenberg. « Si je trouve une idée de film inédite pour la suite, et que le Predator en fait partie, alors ça arrivera ! ».
>> Predator : Badlands de Dan Trachtenberg. Avec Dimitrius Schuster-Koloamatangi, Elle Fanning. 1h47. En salles mercredi 5 novembre 2025.
Jérôme VERMELIN
