Dénommé Opération Chargeback, ce coup de filet mené mardi a été coordonné par la police criminelle fédérale (BKA) et le Parquet général de Coblence (ouest) et a visé trois réseaux présumés de fraude et de blanchiment d’argent, avec des réseaux et complices dans 10 pays.
L’enquête a visé «44 suspects originaires d’Allemagne, du Royaume-Uni, de Lettonie, des Pays-Bas, du Danemark, d’Autriche, des États-Unis et du Canada, âgés de 32 à 74 ans», a détaillé Harald Kruse, procureur général de Coblence, devant la presse.
Au total, 18 personnes ont été arrêtées, selon un communiqué, dont cinq en Allemagne.
À VOIR AUSSI | Pourquoi les aînés sont-ils autant visés par les fraudeurs? Un petit guide
Plus de 60 perquisitions ont été menées dans le monde, conduisant à «la saisie de plus de 35 millions d’euros d’actifs», dont 25 millions en Allemagne, a ajouté M. Kruse.
Mais «le préjudice s’élève à plus de 300 millions d’euros», selon le communiqué des enquêteurs.
Les suspects sont accusés d’avoir utilisé de 2016 à 2021 les données de 4,3 millions de cartes bancaires émises dans 193 pays, a souligné le procureur.
Avec cela, ils ont généré 19 millions d’abonnements sur des sites web factices de streaming, de rencontres et de pornographie.
Cette fraude était opérée «par le biais d’hameçonnage ou de fuites de données», au moyen d’un «réseau de plusieurs centaines de sociétés écrans», a expliqué Martina Link, vice-présidente du BKA.
«Au total, environ 2 000 sites web factices ont été identifiés», a-t-elle détaillé.
Les montants prélevés, volontairement faibles et libellés de façon obscure, ont permis aux fraudeurs de dissimuler les prélèvements.
Quatre grands prestataires allemands de paiement ont été compromis.
Les fonds ont été blanchis à hauteur de «150 millions d’euros via de nombreux comptes bancaires en Allemagne, totalisant plus de 100 000 infractions», selon Mme Link.
Dans cette vaste enquête de criminalité financière, les enquêteurs allemands ont bénéficié de la coopération de neuf autres pays, dont le Royaume-Uni, Singapour et les États-Unis.
De part sa taille économique et son rôle central dans les flux financiers internationaux, l’Allemagne est une cible de choix pour des réseaux sophistiqués de fraude et de blanchiment.