L’Allemagne vise toujours à prendre une décision d’ici la fin de l’année concernant l’avenir du chasseur franco-allemand SCAF (Système de Combat Aérien du Futur), a déclaré vendredi son ministre de la Défense, tandis que son homologue française a souligné l’urgence d’avancer sur ce projet.
Le programme, qui ambitionne de développer une nouvelle génération d’avions de chasse et de systèmes associés pour les forces aériennes européennes, inclut également l’Espagne.
Berlin a accusé l’industrie française de bloquer la prochaine phase du programme en exigeant un leadership exclusif, tandis que l’instabilité politique en France a retardé l’organisation de discussions de haut niveau sur le sujet.
AUCUNE DATE POUR UNE RÉUNION TRILATÉRALE DES MINISTRES
S’adressant aux journalistes à Berlin, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a indiqué qu’aucune nouvelle date n’avait encore été fixée pour une réunion trilatérale des ministres concernés.
« Nous maintenons notre objectif de prendre une décision d’ici la fin de l’année, quelle que soit la nature de cette décision », a-t-il affirmé, précisant avoir abordé le sujet plus tôt cette semaine avec le chancelier Friedrich Merz.
« Je ne peux pas dire s’il y aura une réunion (trilatérale) et quand elle aura lieu », a-t-il ajouté.
Pistorius a indiqué s’être entretenu la semaine dernière avec son homologue française Catherine Vautrin, qui lui a fait part de sa volonté de poursuivre le projet.
« Mais, comme nous le savons tous, ce n’est pas une question qui se décide uniquement au sein du gouvernement français. M. Eric Trappier, de l’entreprise de défense française Dassault, joue manifestement un rôle clé ici, du moins en ce qui concerne la communication publique », a-t-il observé.
Interrogée à Madrid avant une rencontre avec la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, Catherine Vautrin a souligné l’urgence d’avancer, rappelant que les Rafale actuellement en service devront être remplacés à l’horizon 2040.
« La France a besoin d’un avion embarqué et du système, qui représente l’innovation du SCAF », a-t-elle déclaré.
« Trois pays sont impliqués dans ce projet et il est logique que les trois travaillent ensemble et que leurs industries participent à la construction du SCAF. Il y a urgence », a-t-elle insisté.
Elle a ajouté que les trois partenaires devront se réunir pour discuter du sujet, sans toutefois avancer de calendrier précis.