Régis Poly, vice-président de la CCI en charge du commerce, Antoine Martinez, vice-président de la commission Commerce de la CCI et Pascal Calamand, président de la Chambre de métiers ont réalisé une visite de terrain auprès de quatre commerçants stéphanois, ce vendredi 7 novembre.
Cet échange direct leur a permis de mieux appréhender les réalités auxquelles sont confrontés les commerçants et de témoigner de la mobilisation collective des acteurs économiques en faveur du commerce de proximité.
« Une première au niveau national »
Un plan concret d’actions élaboré par les acteurs du monde économique sera d’ailleurs présenté officiellement en décembre prochain. « Il s’agira d’une première au niveau national, presque d’un plan opérationnel d’urgence du fait de la tension actuelle que connaissent les commerçants et les artisans. Il sera basé sur un diagnostic partagé », souligne Régis Poly.
Une nouvelle association de commerçants
Cette rencontre a offert à Tristan Thomas de la Confiserie des Arcades l’occasion rêvée pour annoncer la création d’une association des commerçants et artisans de Saint-Étienne dont les statuts viennent d’être déposés.
L’objectif est de fédérer les commerçants, qui souffrent depuis la disparition de Côté Saint-Étienne, et de devenir l’interlocuteur des pouvoirs publics. Pour Tristan Thomas, président de cette jeune association, il est notamment important « de mettre en place des outils de dynamisation commerciale, comme des cartes-cadeaux à l’échelle de la Ville et de proposer des actions de communication et d’animation ».
Il peut compter sur le soutien de la CCI et la CMA. « Nous sommes des facilitateurs », souligne Antoine Martinez.
Leslie Engel qui a créé la boutique Lisa Calvo, rue Georges Dupré, s’est d’ailleurs félicitée de l’existence de cette association.
Pour elle, si les mesures obtenues grâce à l’action du Collectif de commerçants auprès de la Ville, notamment en matière d’éclairage et de stationnement, sont très positives, il est essentiel que les commerces se structurent.
Des « locomotives » espérées en centre-ville
« Il pourrait y avoir des référents par quartier, un pour les cafés et les restaurants et un pour les autres commerces ; les problématiques sont différentes », suggère-t-elle.
Pour Leslie Engel, le centre-ville doit être vitalisé avec l’arrivée de locomotives, notamment après la fermeture de commerces stéphanois liée à la liquidation d’enseignes nationales. Elle déplore par ailleurs le manque d’adéquation entre les projets stéphanois et les financements votés, par exemple en matière de droit de préemption.
Des commerçants en attente de soutien
Comme tous les chefs d’entreprise, les commerçants se trouvent confrontés à la problématique de la transmission d’entreprise ainsi que l’a souligné Saïd Ramdani, le repreneur de la boutique Don Juan, place Dorian, qui met également en avant le coût des loyers commerciaux en centre-ville de Saint-Étienne. Pour lui, il est clair que les porteurs de projets doivent être plus et mieux soutenus.
C’est avec Art & Photo, place Jean-Jaurès, que cette rencontre avec des commerçants du centre-ville s’est terminée. Même si elle n’a pas véritablement de concurrence, Marielle Gay constate une diminution de la fréquentation depuis le début de l’année ; de nombreux clients évoquent les difficultés de circulation et le prix des parkings.
Le commerce a évolué avec un déplacement des achats du samedi vers le début de semaine. Pour elle, les questions liées à la sécurité véhiculent une image négative de la ville à l’extérieur et expliquent en partie que les habitants des villes ou villages proches de Saint-Étienne ne viennent plus y faire leurs achats hebdomadaires. « Et puis, la ville manque de grandes enseignes qui attirent du monde », soupire-t-elle.
Transmission d’entreprise, sécurité, communication…
Transmission d’entreprise, sécurité, évolution du commerce, communication… Les chefs d’entreprise élus de la CCI et de la CMA ont du pain sur la planche pour proposer un plan d’actions concrètes en faveur du commerce, à Saint-Étienne comme ailleurs. Ils en sont conscients et ont d’ailleurs inscrit les enjeux du commerce de proximité parmi les axes stratégiques majeurs de leur plan de mandat.
Si les commerçants bénéficient du soutien des chambres consulaires avec, par exemple, des accompagnements individuels, la publication du Guide sur le commerce de demain ou la Semaine du commerce dans la Loire, ils sont nombreux à réfléchir déjà à leur évolution, afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs.
Espérons que la nouvelle association des commerçants, dont Tristan Thomas a annoncé la création saura insuffler un dynamisme nouveau dans le commerce stéphanois.