Si on perdait un PV (point de vie) à chaque fois que Syamak Agha Babaei prononce « dette financière » ou « dette écologique et sociale » en conseil, on serait en PLS depuis fort longtemps. Incapable de pondre le débrief de la semaine politique strasbourgeoise que voici.
L’histoire de la semaine
Débrief à base de conseil municipal – aïe –, de conseil métropolitain – aïe, aïe, aïe – avec deux (2) débats d’orientation budgétaire (DOB) à la clé. Pas facile : le collègue qui a couvert le direct du conseil municipal lundi est toujours porté disparu. Et pour cause : il y a été question de dette sociale, de dette écologique, d’autofinancement en baisse, de capacité de désendettement. De choses aussi arides qu’importantes. Mais discutées dans des termes qui ne varient pas (ou peu) depuis le début du mandat.
Pour faire simple, les oppositions de droite comme de gauche pointent que, financièrement, les voyants sont à l’orange très mûr – euphémisme. L’exécutif assume au nom des investissements nécessaires et d’une préférence pour la dette, je vous le donne en mille, « financière » – y’en a deux qui suivent.
Le débat ne varie pas mais les indicateurs se dégradent progressivement : 461 millions d’euros de dettes, soit 11,1 années nécessaires à la Ville pour se désendetter. Strasbourg flirte avec la zone rouge, généralement fixée à 12 années. Et le chemin devient d’autant plus étroit que la municipalité n’actionne pas le levier fiscal. À quatre mois d’une élection, c’est rarement une bonne idée.
Les autres histoires de la semaine
Ironie mordante à l’EMS. Vendredi, en conseil d’Eurométropole cette fois, séquence plus consensuelle (ou pas). Les félicitations pleuvent de tous bords sur les conventionnaires venus présenter à l’assemblée leurs travaux sur le tram nord. Femme de consensus s’il en est, Pia Imbs ne peut s’empêcher de tacler ses collègues.
« Vous les remerciez mais vous n’y avez pas cru. Vous avez, pour certains voté contre le principe même de cette convention. Ou introduit un recours contre la délibération. D’autres ont boycotté le comité transpartisan. Je suis étonnée de ces remerciements si chaleureux. » De l’art de traiter son opposition d’hypocrite d’une voix équanime, petite musique de l’ironie à la Imbs.
Demi-excuses à la Ville. C’est la maire Jeanne Barseghian (Écologistes), dans le contrôle et sur la défensive lundi, pour répondre à la question d’actualité de Carole Santamaria (non-inscrite, Parti Pirate) sur le classement sans suite de l’affaire Polesi. La militante féministe et ses collègues de l’opposition trouvent que la Ville a raté une occasion d’être exemplaire. Pire, elles estiment que la maire a joué la montre, renouvelant sa confiance à l’intéressé tandis que le microcosme se demandait déjà quand l’affaire allait sortir. Ajoutant ainsi à la souffrance des victimes. La première magistrate a défendu son pas-de-deux, arguant qu’il est difficile de trancher quand il n’y a ni plainte, ni saisine des dispositifs existants. Elle aurait voulu présenter les excuses de la collectivité aux victimes. Elles n’ont pas souhaité la rencontrer. Le tout laisse un goût d’inachevé. Pas sûr que le 15e colloque sur les violences faites aux femmes qui se profile suffise à recoller les morceaux.
La citation de la semaine
« Les partis politiques ont un rôle à jouer face à la montée de la droite dure et de l’extrême-droite », Hülliya Turan. L’adjointe communiste justifiait en ces termes le mouvement de balancier qui se profile avec un recul de la société civile dans la liste Barseghian au profit de candidats « encartés ». Communistes + apparatchiks = ♥ Il y a des choses qui ne changent pas.
Le moment de concorde de la semaine (ou toujours pas)
Les élus de tout bord ont profité du vote de subventions aux associations de lutte contre les discriminations pour redire leur solidarité avec Pierre Jakubowicz (Horizons) victime d’insultes homophobes et antiracistes sur les réseaux depuis la visite de Gabriel Attal, qu’il avait cornaqué le temps d’une déambulation en ville. Nicolas Matt (Renaissance) en a quand même profité pour tacler la Ville sur la diversité aux postes de cadres sup dans la collectivité. Et l’adjointe Floriane Varieras (Écologistes) a remis sur le tapis la polémique sur la campagne d’affichage mettant à l’honneur une femme voilée. On ne se refait pas.