Publié le
8 nov. 2025 à 15h35
Une quinzaine d’employés du Régent, célèbre café-restaurant de la place de la Comédie à Bordeaux, ont porté plainte contre leur patron. Ils dénoncent notamment des propos racistes proférés le 6 octobre 2025. Une information révélée ce vendredi 7 novembre par nos confrères de Médiapart, qu’actu Bordeaux est en mesure de confirmer.
Des propos racistes (entre autres)
Propriétaire de plusieurs restaurants à travers la France, Daniel Marion est accusé d’avoir « proféré et réitéré des propos racistes, islamophobes, xénophobes, sexistes et homophobes, à l’égard de l’ensemble de ses salariés » pendant « près de cinq heures » d’après la plainte déposée par 17 employés du Régent le 30 octobre dernier.
Quatre autres salariés les ont ensuite rejoints, et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a indiqué se porter partie civile à leurs côtés. En fin de journée vendredi 7 novembre, le parquet de Bordeaux affirmait ne pas avoir encore eu connaissance de ces plaintes.
L’homme d’affaires a racheté Le Régent avec un associé en janvier 2024. Il se rend régulièrement à la brasserie bordelaise à l’image de ce fameux lundi d’octobre dernier. Au retour d’un repas d’affaires, Daniel Marion aurait notamment insulté ses salariés, déploré « du travail d’Arabe », regretté de s’être fait « envahir » par les étrangers, accusant de vol un des responsables et le tirant par le bras devant les clients.
« Un trou noir »
Auprès de Mediapart, le patron évoque via son avocat « l’hypothèse d’avoir été drogué tant l’attitude et les propos qui lui sont attribués sont incompatibles avec sa nature et sa personnalité ». Il affirme n’avoir « aucun souvenir du déroulement de l’après-midi du 6 octobre, un trou noir d’environ seize heures ». « Si les faits étaient confirmés », il s’agirait « d’un épisode ponctuel de perte totale de contrôle et de discernement, dont l’origine reste à déterminer ».
Mais d’après le journal d’investigation, le patron aurait « réitéré de nombreuses remarques racistes, plusieurs jours après les évènements du lundi 6 octobre ». « Qui c’est qui a laissé rentrer l’islam, le renard dans le poulailler ? C’est lui », aurait-il notamment adressé à son associé mi-octobre, visant le directeur du café-restaurant. Plusieurs salariés sont toujours en arrêt maladie début novembre.
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