Dans une rencontre aussi inattendue qu’historique, Donald Trump a reçu lundi à la Maison-Blanche Ahmad al-Chareh, ancien dirigeant djihadiste devenu président intérimaire de la Syrie. C’est la première fois qu’un chef d’Etat syrien est accueilli officiellement à Washington depuis plus de dix ans.
Le président américain, visiblement séduit par son interlocuteur, a salué un dirigeant au « passé brutal » mais jugé nécessaire pour réussir. « Je l’aime bien », a déclaré Donald Trump après l’entretien, ajoutant : « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour que la Syrie réussisse. » Il a estimé qu’« sans passé brutal, vous n’avez aucune chance », reprenant à sa manière la rhétorique qu’il affectionne sur la force et la détermination.
Une entrée et une sortie discrètes
Arrivé discrètement à 11h37 (heure locale), Ahmad al-Chareh a contourné le protocole habituel réservé aux chefs d’Etat étrangers : aucune cérémonie officielle ni images du Bureau ovale n’ont filtré. Il a quitté les lieux deux heures plus tard, saluant brièvement une foule de partisans massés devant la Maison-Blanche. Le communiqué publié par la présidence syrienne a évoqué des discussions sur « les manières de développer et renforcer » la relation bilatérale et sur « plusieurs sujets régionaux et internationaux ».
A l’occasion de cette visite, Washington a annoncé une nouvelle suspension de 180 jours de la loi César, qui imposait depuis 2019 de lourdes sanctions économiques à la Syrie de Bachar al-Assad. Le département d’Etat plaide désormais pour une levée complète du dispositif, soumise au vote du Congrès.
La syrie la coalition internationale antidjihadiste
Selon une source diplomatique, les Etats-Unis envisagent également d’établir une base militaire près de Damas « pour coordonner l’aide humanitaire et observer les développements entre la Syrie et Israël ». Washington a également autorisé la Syrie à rouvrir une représentation diplomatique aux Etats-Unis. A noter qu’un responsable américain a également indiqué que la Syrie venait de rejoindre la coalition internationale antidjihadiste.
Par ailleurs, le président Ahmad al-Chareh a été retiré de la liste des terroristes du FBI. Le Conseil de sécurité de l’ONU a lui aussi levé ses sanctions, à l’initiative de Washington. Depuis sa prise de pouvoir, il s’efforce de rompre avec son passé djihadiste et de repositionner la Syrie sur la scène régionale. Il a multiplié les signaux d’ouverture, y compris envers Israël, tout en promettant de « redéfinir » les relations avec Vladimir Poutine, qu’il a rencontré à Moscou.