Par

Rédaction Lille

Publié le

11 nov. 2025 à 14h45

Elle n’a bien sûr pas connu la guerre, et pourtant, elle souhaite ne pas l’oublier. Aubeline Dourlen, 18 ans, fait partie des choristes qui se produisent à l’Anneau de la mémoire, au mémorial Notre-Dame de Lorette (Pas-de-Calais), pour le 11-Novembre. Originaire de l’Oise, l’étudiante en licence de gestion à l’Université Catholique de Lille, se confie sur cette expérience « très importante », marquée par la volonté de « se sentir concernée » malgré son jeune âge. Entretien.

As-tu directement voulu être choriste en arrivant à l’université ?

Oui, c’est quelque chose qui me plaît beaucoup. Ça fait six ans que je chante dans différentes chorales, donc c’était important pour moi d’en retrouver une à Lille.

Pourquoi chanter en chorale te plaît autant ?

Je trouve ça super de produire de belles choses. Ça permet aussi de rencontrer plein de gens, de se faire des amis qui partagent la même passion. Être en groupe, c’est super chouette. J’aime beaucoup la musique en général, j’ai commencé le piano mais ce n’est pas très concluant pour l’instant (rires) !

Maintenir le souvenir, « pour que les erreurs commises dans le passé ne se reproduisent pas »

Comment as-tu réagi quand tu as su que tu allais chanter au mémorial Notre-Dame de Lorette pour le 11-Novembre ?

C’est important de participer aux commémorations. C’est une super occasion de chanter devant des gens. On va interpréter quelque chose de joli, qui peut les aider à se souvenir. On peut faire passer plus d’émotions par le chant. Je suis très contente de pouvoir participer à cette cérémonie.

Tu es jeune, comment appréhendes-tu le rendez-vous ?

Même jeune, c’est important de se sentir concerné. Des gens se sont battus pour notre pays et pour que l’on obtienne ce qui nous sert aujourd’hui. C’est important de ne pas oublier, surtout pour que les erreurs commises dans le passé ne se reproduisent pas. Pour le coup, ça nous concerne de ce point de vue.

Selon toi, y a-t-il un désintérêt de la part des jeunes aujourd’hui ?

J’ai l’habitude d’aller aux commémorations dans mon village et il n’y a pas tant de jeunes présents, c’est vrai. Il y a surtout des personnes âgées. De nos jours, je dirais que les jeunes ont d’autres préoccupations, certainement moins importantes, et qu’ils se sentent moins concernés. Il y a un oubli et c’est problématique parce que quand les personnes qui se sentent concernées ne seront plus là, il n’y aura pas de relève. C’est dommage.

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As-tu l’impression de porter une responsabilité ?

Oui forcément, car il y aura beaucoup de monde. C’est important de bien chanter, il faut penser aux gens en face de nous. Mais ce n’est pas la première fois que je chante lors d’événements importants, ou même compliqués émotionnellement.

J’ai animé une veillée à Lourdes avec mon ancienne chorale, et j’ai déjà chanté pour des funérailles d’enfants. J’essaie de me concentrer, de mettre mes émotions de côté et de vraiment penser au chant. Je veux faire plaisir aux gens, et qu’ils se disent que c’est beau. J’ai aussi l’habitude de chanter avec des amis donc inconsciemment, je pense qu’on s’appuie les uns sur les autres.

L’ambiance est-elle différente que dans d’autres concerts ?

Oui, on sent qu’on est utile et que notre présence est vraiment importante. Dans ce genre de cérémonies, le concert porte un peu plus de sens et je pense que notre présence, au-delà d’être jolie, aide vraiment les gens. L’œuvre est assez diversifiée avec des moments poignants et très émouvants.

On fait vraiment passer des messages. Il faut être d’autant plus concentré et donner le meilleur de nous-même.

Par Zoé Hondt

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