Alors qu’une période de détente paraissait s’ouvrir entre les deux géants, il semblerait que la hache de guerre soit de nouveau déterrée. Car, en effet, c’est bien une lourde accusation que vient de lancer la Chine.
Selon elle, Washington aurait tout simplement volé l’équivalent de 13 milliards de dollars en Bitcoins !
Le fond de l’affaire
Tout remonte à 2020, lorsque le plus grand pool chinois de minage de Bitcoin, appelé LuBian, avait fait l’objet d’un piratage. Au cours de cette cyberattaque, 127 000 Bitcoins (d’une valeur avoisinant les 13 milliards de dollars, selon le cours actuel) s’étaient volatilisés.
En 2024, après plusieurs années d’inactivité, ces fonds nés d’une manœuvre crapuleuse avaient commencé à migrer vers des portefeuilles numériques liés (selon certains experts) au gouvernement américain lui-même.
Il n’en fallait pas plus pour que la Chine accuse donc les hackers d’avoir bénéficié du soutien actif des États-Unis d’Amérique. Mais tout s’est éclairci en octobre 2025, lorsque le ministère de la Justice américain a confirmé la saisie de ces Bitcoins dans le cadre d’une enquête contre des fraudes à grande échelle.
S’y trouvait impliqué un certain Chen Zhi (autrement appelé « CZ« ) ; le dirigeant d’un groupe basé au Cambodge, suspecté de manipulations massives de cryptomonnaies.
$8B Crypto Mystery: China vs USA in the 127,000 Bitcoin Case 🕵️♂️
In 2020, 127,272 BTC vanished from Chinese mining pool LuBian. Silence for 4 years. Now, the plot thickens:
🇨🇳 China’s CVERC accuses the US DOJ of a state-level hack and theft.
🇺🇸The US DOJ claims it was a lawful… pic.twitter.com/xkcMmNkvzw— TheCryptoAlchemist🍊,💊 | 𝔽rAI (@TheCryptoAlchim) November 11, 2025
Une parole contre une autre
Du côté chinois, cependant, l’on ne démord pas. L’organisme officiel chargé de la cybersécurité a qualifié cette saisie de « vol d’État » contre les intérêts chinois.
Pour Pékin, il ne s’agit pas d’une action légale, mais plutôt d’une attaque pour affaiblir l’économie numérique de la Chine. Les médias d’État alimentent d’ailleurs ce discours, en insistant sur le caractère illégal et transfrontalier de cette opération.
À l’inverse, les États-Unis réfutent totalement ces accusations. Selon eux, l’intervention en question s’inscrit dans la lutte légitime contre la cybercriminalité et la fraude financière.
Dans plusieurs déclarations, les autorités américaines réclament également davantage de transparence dans les échanges internationaux sur les crypto-actifs. Une demande qui ne satisfait pas du tout Pékin.
Des philosophies opposées
Plus qu’un simple différend juridique, cette affaire est en fait la matérialisation de grandes divergences de points de vue. Pour chacun des deux blocs, la réglementation des plateformes d’échange de cryptos obéit à des intérêts stratégiques majeurs.
Si les États-Unis prône un certain libéralisme (du moins, de façade), la Chine entend fonctionner avec ses propres standards (comme en témoigne le développement du yuan numérique).
Aussi, chaque nouvelle friction tend à polariser les opinions et à provoquer des accrochages supplémentaires. Qu’on ne s’y trompe pas, donc : cette accusation vaut bien plus qu’elle n’en a l’air. Il s’agit d’une arme rhétorico-politique qui ne dit pas (encore) son nom.
Source : Bloomberg
Pour aller plus loin :
Mathias Gindreau est rédacteur spécialisé dans les cryptomonnaies pour Cryptodnes.
Ancien étudiant en informatique, il a d’abord travaillé dans la cybersécurité avant de découvrir la blockchain, un domaine qui a rapidement éveillé sa passion.
Aujourd’hui, il met à profit ses compétences techniques et sa curiosité pour décrypter l’actualité crypto, analyser les tendances du marché et vulgariser des sujets complexes liés à la technologie et à la finance décentralisée.

