David Lappartient ne ferme pas complètement la porte à une tarification pour accéder à certaines étapes afin d’aider au financement des équipes mais souligne malgré tout les obstacles à surmonter.

Face à l’inflation budgétaire inquiétante ces dernières années dans le vélo, tirée par les équipes sponsorisées par des États (UAE Team Emirates, Bahrain Victorious…) et à la difficulté pour des formations moins riches de survivre dans le peloton, des voix réclament une meilleure répartition des revenus. Les pistes de réflexion existent comme l’instauration d’un plafond budgétaire, une meilleure répartition des revenus issus des droits télé ou une réflexion sur le système de rétribution en fonction du classement World Tour.

Certaines figures du monde du cyclisme comme Jérôme Pineau, ancien patron de l’équipe B & B Hôtels contraint de mettre la clé sous la porte en 2022 en raison de problèmes financiers, soutiennent l’idée d’une billetterie, sur le Tour de France notamment, pour accéder à certaines parties d’une étape.


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Président de l’Union cycliste internationale, le Français David Lappartient n’est pas complètement opposé à ce projet qui existe déjà sur certaines courses. Il avait lui-même instauré une tarification dans la côte de Cadoudal lorsqu’il organisait le Grand Prix de Plumelec. Mais le dirigeant souligne malgré tout les obstacles dans un entretien accordé à Ouest-France : «La billetterie c’est un peu compliqué dans le Tour de France parce que là, on va toucher un débat national. Les départements, régions, communes qui financent vont dire « Oui je veux bien le Tour mais je veux que les gens puissent venir gratuitement chez moi ».»

Ce n’est pas dans le domaine de l’impossible, ce sera quand même une révolution

David Lappartient

Jérôme Pineau, qui a dénoncé sur RMC un cyclisme devenu «un système d’ultra-riches» propose par exemple de faire payer l’accès aux cinq derniers kilomètres de l’Alpe d’Huez. Mais là encore, David Lappartient met en garde ! «Il faut poser un cadre juridique, faire payer l’espace public en France c’est compliqué. Et puis je pense que les gens vont vouloir quand même que ça aille aux coureurs, in fine. Ce n’est pas dans le domaine de l’impossible, ce sera quand même une révolution par rapport à ce qu’on a l’habitude d’avoir. Et regardez, quand vous voulez bouger l’âge de la retraite… Alors si vous voulez faire payer sur le Tour de France, vous n’êtes pas rendu.»