Esther Littlewood réapprend à vivre normalement. En juin dernier, la jeune femme de 20 ans originaire d’Angleterre a été victime d’un accident vasculaire cérébral. Aujourd’hui, elle tient à sensibiliser sur un signe avant-coureur.
« J’avais un très fort mal de tête »
Les faits se sont déroulés lors d’une journée somme toute banale. Installée devant la télévision, sur le canapé de sa maison dans le Derbyshire, Esther a soudainement été prise d’un violent mal de tête. « Vraiment en forme et en bonne santé », la jeune femme, qui suivait alors une formation pour devenir policière, ne s’est pas alertée et a pris un paracétamol avant de regagner sa chambre pour se reposer. « Ma mère a dit que nous étions en bas en train de regarder une émission et que j’avais porté la main à ma tête, près de mon oreille gauche, en disant ‘Ça fait mal’. Je lui ai dit que j’avais un très fort mal de tête et que j’avais pris du paracétamol. Apparemment, j’ai dit que j’avais besoin de faire une sieste » raconte-t-elle dans un article du Daily Mail. Mais quelques heures plus tard, lorsque le petit ami d’Esther entre dans sa chambre, il la trouve allongée inconsciente sur son lit. Transportée d’urgence à l’hôpital royal de Chesterfield, Esther est placée dans le coma.
« On m’a dit qu’un AVC à un si jeune âge était extrêmement rare »
Plus tard, des examens médicaux révèlent que la jeune femme a été victime d’un AVC déclenché par un type d’anomalie du coeur appelée foramen ovale perméable, une ouverture entre les deux oreillettes du cœur qui n’a pas été diagnostiquée dans le cas d’Esther. Cette anomalie qui se forme généralement après la naissance a permis à un caillot de sang de remonter jusqu’au cerveau de la jeune femme. « Je ne me souviens pas vraiment du jour où c’est arrivé » déclare-t-elle. À son réveil du coma, Esther a ainsi appris avec effroi l’origine de son mal : « J’étais très active. J’avais réussi tous les tests pour entrer dans la police et je devais commencer en août. Je m’entraînais à courir tous les jours pour les tests. J’étais en pleine forme et en excellente santé. On s’attend à voir des marques sur le visage ou les bras après un AVC, mais le seul signe que j’ai eu était un mal de tête. » Comme Esther, les médecins qui l’ont soignée ont également été pris de court par la situation, compte tenu de l’âge de la patiente : « On m’a dit qu’un AVC à un si jeune âge était extrêmement rare. »
« Je ne les ai pas crus quand ils m’ont dit que j’avais eu un AVC »
C’est pourquoi, depuis qu’elle en a été victime, Esther s’emploie à raconter publiquement son histoire afin de sensibiliser les jeunes aux symptômes d’un AVC, elle qui se sentait au-dessus de tout risque : « Je ne les ai pas crus quand ils m’ont dit que j’avais eu un AVC. Je n’arrivais pas à y croire. Si vous avez un mal de tête vraiment intense et inhabituel, appelez les secours. Soyez attentif à ces symptômes. Localisez la douleur. Si vous ressentez une douleur sur le côté ou à l’arrière de la tête, faites-vous examiner. Il faut en parler davantage » clame-t-elle. En France, selon l’ARS, l’accident vasculaire cérébral est la troisième cause de mortalité avec 40.000 morts par an, mais aussi la première cause de « handicap acquis avec des patients qui gardent des séquelles lourdes et la deuxième cause de déclin intellectuel ». C’est également la première cause de mortalité chez les femmes. Si l’AVC peut toucher toutes les tranches d’âge, la moyenne d’âge des patients est de 73 ans. Dans la grande majorité des cas, les symptômes de l’AVC sont brutaux et regroupent principalement une faiblesse musculaire et/ou une paralysie d’un côté du corps bras et/ou jambe, des troubles soudains du langage voire une impossibilité de parler, une perte de la vision et une déformation de la bouche.