Les départs de Paris sur le nouveau parcours sont prévus les dimanches, mardis et jeudis soirs, avec une arrivée à Berlin les lendemains matins. Les trains retour partiront les lundis, mercredis et vendredis soirs.

Une bonne nouvelle pour les amoureux du rail. La coopérative ferroviaire néerlando-belge European Sleeper va lancer à partir de fin mars un nouveau train de nuit trihebdomadaire entre Paris et Berlin. Son trajet évitera Strasbourg et passera par Bruxelles.

Ce nouveau service compensera partiellement l’arrêt des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne des compagnies française (SNCF), allemande (Deutsche Bahn) et autrichienne (ÖBB), prévu à partir de mi-décembre.


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L’entreprise European Sleeper, fondée en 2021, fait actuellement circuler un «Good Night Train» entre plusieurs villes européennes : Bruxelles, Rotterdam, Amsterdam, Berlin, Dresde et Prague, trois fois par semaine.

Trois départs et trois retours par semaine

Les départs de Paris sur le nouveau parcours sont prévus les dimanches, mardis et jeudis soirs, avec une arrivée à Berlin les lendemains matins. Les trains retour partiront les lundis, mercredis et vendredis soirs, a précisé European Sleeper dans un communiqué.

Le transporteur ferroviaire, qui appartient à une communauté de plus de 6000 copropriétaires, ouvre parallèlement une nouvelle campagne pour lever quelque 2,3 millions d’euros auprès de particuliers, professionnels et institutions, afin de financer les coûts d’accession au matériel roulant (qui est loué) et compenser «d’éventuelles pertes initiales lors de la phase de démarrage».

Depuis 2021, European Sleeper a levé au total «plus de 7 millions d’euros» en quatre campagnes de levées de fonds distinctes, a indiqué à l’AFP Chris Engelsman, l’un des deux fondateurs de la société au cours d’un entretien téléphonique. Son objectif est d’exploiter la nouvelle liaison via Bruxelles, de manière à ce que son service Bruxelles-Berlin déjà existant double de fréquence, à six trains par semaine.

Manifestation «en pyjama» à Strasbourg

À Strasbourg, une manifestation «en pyjama» est prévue jeudi devant la gare pour demander le rétablissement des trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne, qui passent par la capitale alsacienne. «Nous sommes très favorables à ce genre de manifestations, qui nous aident à maintenir la pression sur les gouvernements», a salué Chris Engelsman. «Mais nous n’allons pas passer par Strasbourg, car nous avons déjà des connections à Bruxelles, et cela a plus de sens» ainsi, a-t-il ajouté.


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La société est en train de négocier avec les autorités respectives des pays traversés. European Sleeper souhaiterait faire partir son train de Paris «entre 19h00 et 20h00», pour s’arrêter à Bruxelles «vers 22h30» et arriver à Berlin vers «08h00 ou 09h00» le lendemain matin, a précisé Chris Engelsman. Il table sur un tarif de «59 euros pour une couchette dans un compartiment de cinq places».

European Sleeper, dont les investisseurs sont à 40% néerlandais, se dit «prêt à collaborer avec ÖBB et SNCF Voyageurs afin d’assurer une transition fluide entre leurs trains actuels et le nouveau service Paris-Berlin European Sleeper». Les ventes de billets devraient commencer le 16 décembre.

Une annonce «très encourageante»

Les trains de nuit actuels Berlin-Paris et Vienne-Paris exploités par SNCF, Deutsche Bahn et ÖBB ne circuleront plus à partir du 14 décembre, après l’arrêt par le gouvernement français d’une subvention de 10 millions d’euros indispensable à leur viabilité économique.

Le Réseau Action Climat (RAC) s’est «réjoui» de l’annonce d’European Sleeper, jugée «très encourageante» pour ceux qui aspirent à voyager «de manière écologique». Mais «l’essor des trains de nuit ne peut pas reposer uniquement sur des acteurs privés aussi volontaristes soient-ils», estime dans un communiqué le RAC, qui demande le maintien d’une subvention pour relancer la ligne Paris-Vienne et sécuriser la reprise de la ligne Paris-Berlin.

Le ministre français des Transports Philippe Tabarot a, de son côté, salué «toute initiative de ce type permettant d’accroître l’offre sans argent du contribuable, quel que soit l’opérateur». «Les discussions se poursuivent pour déterminer les conditions précises de circulation», a-t-il dit sans plus de détail.


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«Nous lancerons le service» sans attendre le résultat de la prochaine levée de fonds et sans subvention, a dit Chris Engelsman. «Nous ne voulons pas dépendre de subventions (…) mais cela pourrait être très utile que les gouvernements soutiennent des projets comme celui-ci au moment de leur lancement», a-t-il jugé.

European Sleeper, qui enregistrera pour 2025 «une petite perte» et espère être rentable «fin 2026» sur sa principale ligne Bruxelles-Berlin-Prague, compte notamment sur la forte demande pour le tronçon Paris-Berlin pour passer dans le vert, selon Chris Engelsman.