L’Écosse entend lancer un emprunt public en 2026/2027, notamment pour le financement d’infrastructures clés, grâce à une loi voté en 2014.
Le gouvernement écossais a annoncé jeudi son intention de lancer ses premières obligations au cours de l’exercice 2026/2027, une émission rendue possible par une loi votée après le référendum sur l’indépendance de 2014.
Les recettes doivent permettre de « financer les investissements en capital dans les infrastructures clés », a souligné dans un communiqué le Premier ministre écossais, John Swinney, du parti indépendantiste SNP.
Surnommées « obligations kilts », ce programme obligataire qui s’étendra sur l’ensemble de la prochaine législature s’élèvera à 1,5 milliard de livres (1,13 milliard d’euros).
Bien que faisant partie du Royaume-Uni, l’Écosse fonctionne comme une nation décentralisée, dotée de son propre gouvernement. Le Parlement écossais détient certains pouvoirs, notamment en matière d’impôt sur le revenu et sur quelques aspects économiques, mais les grandes orientations de politique macroéconomique demeurent sous la responsabilité du gouvernement britannique.
Il y a près de dix ans, Édimbourg a obtenu le droit d’émettre ses propres obligations, même si, jusqu’à récemment, le pays empruntait encore auprès du Fonds national de prêts du Royaume-Uni.
Continuer à se mobiliser
Lors du référendum de 2014, les Écossais ont rejeté de peu l’indépendance, mais le gouvernement dirigé par John Swinney affirme vouloir poursuivre la marche vers la souveraineté.
Une loi de 2016, votée après le référendum sur l’indépendance de 2014 qui avait vu le « non » l’emporter à 55%, a octroyé de nouveaux pouvoirs à l’Écosse, dont celui d’émettre ses propres bons du Trésor pour financer des investissements, avec une limite de 450 millions de livres par an.
La question de l’indépendance domine la politique écossaise depuis l’arrivée au pouvoir du SNP au Parlement à Édimbourg en 2007. John Swinney avait appelé l’an passé ses partisans à continuer à se mobiliser en sa faveur.
Les agences de notation de crédit Moody’s et S&P Global ont l’une et l’autre accordé mercredi soir à la dette écossaise la même note que celle du Royaume-Uni – Aa3 pour la première, AA pour la seconde -, supérieure à celles de l’Espagne, de l’Italie ou du Japon, souligne le gouvernement écossais dans un autre communiqué.
Moody’s et S&P Global ont cependant souligné l’une et l’autre que la note de l’Écosse pourrait être abaissée en cas de mesures vers l’indépendance du Royaume-Uni.
Les taux d’intérêt de la dette britannique se sont envolés à plusieurs reprises en 2025, au gré des annonces économiques du gouvernement travailliste du Premier minister Keir Starmer, mais sont depuis redescendus.