Une nouvelle étape dans la lutte contre «l’invasion des produits chinois» commandés sur des plateformes comme Shein ou Temu. Les ministres des Finances des Etats membres de l’Union européenne se sont entendus ce jeudi 13 novembre pour supprimer l’exonération des droits de douane sur les petits colis importés d’Europe, d’une valeur inférieure à 150 euros.
Après les récents scandales des poupées sexuelles mises en vente sur le géant chinois Shein et face aux problèmes sociaux, environnementaux et éthiques que posent ces sites d’ultra fast fashion, l’objectif de la réforme est de lutter contre ces plateformes qui ne respectent pas les normes européennes. L’UE espère une mise en œuvre des taxes dès le 1er trimestre 2026.
La mise en place de cette réforme a été accélérée ces derniers jours. Proposée en février par la Commission européenne, et réclamée notamment par la France, elle devait initialement entrer en vigueur à la mi-2028, en s’alignant sur le calendrier d’une vaste réforme de l’union douanière. Mais les Etats, en particulier la France, et la Commission veulent aller beaucoup plus vite et mettre en application cette mesure le plus vite possible, dès le premier trimestre 2026. Pour ce faire, il faudra établir un système transitoire qui devrait être adopté lors de la prochaine réunion des ministres, le 12 décembre.
«C’est une étape clef pour la protection des consommateurs européens et du marché intérieur en luttant plus efficacement contre les produits dangereux et non conformes à nos règlementations européennes. Nous avons franchi un grand pas pour la souveraineté économique de l’Union européenne», s’est félicité le ministre français de l’Economie, Roland Lescure. Ce dernier s’est aussi réjoui que la France soit à l’initiative d’une telle mesure ; «cela a payé aujourd’hui» a-t-il ajouté.
Cette taxation des petits colis devrait en outre s’accompagner de l’instauration de frais de traitement sur chaque colis entrant dans l’UE, en majorité achetés via des plateformes d’origine chinoise. Si le montant de ces frais de traitement n’a pas encore été fixé, Bruxelles a proposé en mai qu’elle soit fixée à 2 euros par paquet. L’UE ambitionne d’appliquer ces frais à partir de la fin 2026.
En France, une taxe de 2 euros ciblant ces mêmes petits colis livrés par des entreprises établies hors de l’UE, notamment de Chine, figure dans le projet de budget 2026.