(Alliance News) – Les cours des actions à Londres étaient en nette baisse vendredi à la mi-journée, prolongeant les pertes matinales alors que les inquiétudes fiscales au Royaume-Uni et la hausse des rendements des gilts pesaient fortement sur le moral des investisseurs.

L’indice FTSE 100 reculait de 161,74 points, soit 1,7 %, à 9 646,08. Le FTSE 250 perdait 332,13 points, ou 1,5 %, à 21 663,28, tandis que l’AIM All-Share cédait 10,34 points, soit 1,4 %, à 745,12.

Le Cboe UK 100 chutait de 1,7 % à 963,54, le Cboe UK 250 de 1,7 % à 18 753,69, et le Cboe Small Companies de 1,2 % à 17 619,93.

Des spéculations selon lesquelles le chancelier britannique aurait abandonné ses projets d’augmentation de l’impôt sur le revenu ont déclenché une vague de ventes sur les obligations d’État, les marchés s’inquiétant de promesses de dépenses non financées à l’approche du budget du 26 novembre.

Le coût de l’emprunt à long terme du Royaume-Uni a bondi, les rendements des gilts à 30 ans progressant de 14 points de base en début de séance, tandis que ceux à 10 ans grimpaient de 12 points de base, soit la plus forte hausse depuis juillet.

Les prix des obligations évoluent à l’inverse des rendements, ce qui signifie que des rendements plus élevés reflètent une baisse des prix. Plus tard, les rendements se sont légèrement détendus, les gilts à 30 ans restant en hausse de sept points de base à 5,3 % et ceux à 10 ans de six points à 4,5 %.

Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, a déclaré que les spéculations autour du budget « signifient que le chancelier a signalé des promesses de dépenses non financées de plusieurs milliards, ce que le marché obligataire n’apprécie guère ».

Elle a ajouté : « La volatilité du marché obligataire n’est pas ce que le chancelier souhaite voir à moins de deux semaines du budget. »

Sur les autres places européennes vendredi, le CAC 40 à Paris reculait de 1,3 %, tandis que le DAX 40 à Francfort perdait 1,4 %.

La croissance économique de la zone euro a accéléré au troisième trimestre, comme prévu, a confirmé Eurostat. Le PIB a progressé de 0,2 % sur un trimestre, conformément à la première estimation et en hausse par rapport à la croissance de 0,1 % du deuxième trimestre.

Sur un an, la croissance a ralenti à 1,4 % contre 1,5 %, bien qu’elle ait été révisée à la hausse par rapport à l’estimation initiale de 1,3 %.

Eurostat a également indiqué que l’emploi dans la zone euro a augmenté de 0,1 % au troisième trimestre, égalant la dynamique du deuxième trimestre.

Par ailleurs, l’excédent commercial du bloc s’est nettement creusé à 19,4 milliards d’euros en septembre, contre 1,9 milliard en août, porté par un bond de l’excédent dans le secteur chimique.

« Cette croissance notable a été principalement tirée par une forte hausse de l’excédent chimique, qui est passé de 17,9 milliards d’euros en août 2025 à 29,1 milliards en septembre 2025 », a précisé Eurostat.

Par rapport à l’année précédente, l’excédent est passé de 12,9 milliards d’euros.

La livre sterling s’échangeait à 1,3137 dollar à la mi-journée vendredi à Londres, en baisse par rapport à 1,3197 dollar jeudi soir. L’euro s’établissait à 1,1616 dollar, contre 1,1644 dollar. Face au yen, le dollar valait 154,65 yens, contre 154,31 yens.

Les indices new-yorkais étaient attendus en baisse. Le Dow Jones Industrial Average devrait perdre 0,5 %, le S&P 500 0,7 % et le Nasdaq Composite 1,1 %.

Le rendement de l’emprunt d’État américain à 10 ans était coté à 4,13 %, contre 4,07 %. Celui à 30 ans s’établissait à 4,74 %, contre 4,67 %.

Seuls deux titres du FTSE 100 – Diageo et DCC – évoluaient dans le vert.

Les valeurs financières étaient les plus pénalisées, avec St James’s Place en baisse de 4,4 %, Lloyds de 3,9 %, NatWest de 3,7 %, Barclays de 3,5 % et Standard Chartered de 2,7 %.

Supermarket Income REIT cédait 1,3 % après l’acquisition d’un portefeuille de 20 supermarchés Carrefour en France pour 123 millions d’euros, avec une durée moyenne pondérée des baux de 12 ans.

BHP Group reculait de 3,5 % après avoir annoncé son intention de faire appel d’une décision de la Haute Cour d’Angleterre la jugeant responsable dans le cadre de la catastrophe du barrage de Fundao en 2015 à Samarco, sa coentreprise avec Vale. Le montant des dommages sera évalué lors de procès prévus jusqu’en 2028 ou 2029.

Le barrage de résidus était exploité par Samarco Mineracao SA, une coentreprise détenue à parts égales par BHP et Vale SA.

La décision de la Haute Cour d’Angleterre fait suite à un premier procès de cinq mois sur l’action collective menée au Royaume-Uni, a précisé BHP vendredi.

L’évaluation des dommages se fera lors des deuxième et troisième phases du procès, attendues pour 2028 ou 2029, selon le groupe minier.

BHP estime que l’action collective au Royaume-Uni « fait double emploi avec les mesures de réparation et d’indemnisation » déjà mises en oeuvre au Brésil.

Sur le FTSE 250, Man Group perdait 1,9 % le jour où le Financial Times a révélé des projets de suppression de postes dans les fonctions intermédiaires à Londres et de transfert des recrutements vers la Bulgarie.

Parmi les petites capitalisations, WH Ireland bondissait de 22 %, prolongeant la hausse de jeudi après avoir reçu une offre indicative en actions de la part de Team. Team a jusqu’au 10 décembre pour présenter une offre ferme.

Le baril de Brent s’échangeait à 64,44 dollars à la mi-journée à Londres vendredi, contre 63,14 dollars jeudi soir.

L’once d’or était cotée à 4 155,20 dollars, contre 4 206,40 dollars précédemment.

À suivre encore ce vendredi sur le calendrier économique : les ventes manufacturières du Canada.

Par Eva Castanedo, journaliste Alliance News

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