Recherché pour des menaces envers sa femme et ses enfants, le suspect s’est blessé avec un couteau, avant d’être grièvement atteint par balles lors de l’intervention policière.

Peu avant 15 heures ce vendredi, un individu signalé comme dangereux venait d’arriver à bord d’un train Ouigo en provenance de Rennes. Selon une source policière au Figaro, l’homme de 44 ans, originaire de Wallis-et-Futuna, était recherché à la demande du parquet de Créteil et du commissariat de Cachan pour avoir menacé de tuer sa femme et ses enfants.

Un périmètre de sécurité a été mis en place par la brigade des réseaux ferrés autour du quai d’arrivée, à la gare Montparnasse. À la descente du train, l’intéressé, armé d’un couteau, se serait placé la lame sous la gorge à la vue des agents venus l’interpeller. S’ensuivent quelques instants de tension extrême durant lesquels l’homme se serait tailladé le cou. Ne répondant pas aux injonctions de la police, celle-ci décide alors de procéder à un à deux tirs dans les jambes.


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Un passant d’une cinquantaine d’années a également été touché légèrement à un pied par un ricochet de balles. Sur Twitter, un témoin rapporte avoir entendu «des cris», «tout le monde qui court et les flics qui demandent à un gars de lâcher ce qu’il avait».

«La situation aurait pu être bien plus dramatique»

Les secours sont actuellement sur place et l’individu, dont le pronostic vital n’est pas engagé, va être transporté dans un hôpital francilien. «Si mes collègues n’avaient pas été alertés, ou qu’ils avaient été prévenus trop tard, la situation aurait pu être bien plus dramatique», remarque Yannick Landreau, représentant du syndicat de police Alliance, saluant l’action des intervenants.

Contacté par Le Figaro, le parquet de Paris précise que l’individu était connu dans le cadre de violences intrafamiliales. Il a été condamné le 22 septembre dernier à 18 mois d’emprisonnement assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans pour «violences ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours, par conjoint, en présence d’un mineur», ainsi que «menace de mort par conjoint» et «violence n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail, par ascendant sur un mineur». Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes, «l’une, confiée au 3e district de police judiciaire, porte sur la tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique, par le porteur du couteau. L’autre, confiée à l’IGPN, porte sur le cadre dans lequel il a été fait usage de l’arme à feu par une personne dépositaire de l’autorité publique.»

De son côté, la SNCF précise au Figaro qu’«un périmètre de sécurité» a été mis en place dans une petite partie de la gare, ajoutant que le trafic est «légèrement perturbé en conséquence».

Retour à la normale

Sur place, la situation est quasiment revenue à la normale, vendredi en début de soirée. La foule s’est massée devant les panneaux d’affichages. Le tableau des départs n’affiche qu’un seul train supprimé pour Le Mans, tous les autres sont assurés et sans retard. Du côté des arrivées, quelques trains venus de l’Ouest affichent cinq minutes de retard. L’ambiance est légère comme un vendredi soir de départ en week-end, mais certains voyageurs ont tout de même pensé à annuler leur voyage comme Sophie*, qui se rend à Nantes. «Au vu de l’actualité, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une attaque lorsque j’ai appris l’information sur les réseaux sociaux. J’ai hésité à maintenir mon voyage, j’imaginais une situation beaucoup plus chaotique, mais tout a l’air d’aller», glisse-t-elle avant de monter dans son wagon.


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D’autres, au contraire, n’ont même pas été mis au courant comme Pierre*. «Vous venez de me l’apprendre, je n’étais pas au courant. Je vois que mon train est à l’heure, un vendredi soir, c’est tout ce qui compte.» Les voies 4 et 5, où a eu lieu l’interpellation, sont toujours fermées. Une dizaine de policiers monte la garde devant les barrières et cordons de sécurité. Plusieurs curieux s’y attardent sans obtenir d’informations.

*Les prénoms ont été modifiés.