Elle n’aura pas réussi son pari. En difficultés financières, l’entreprise de construction nantaise Mayers (ex-Réalités Buildtech) n’est pas parvenue à trouver un repreneur. Elle a en conséquence été placée en liquidation judiciaire le 12 novembre par le tribunal de commerce de Nantes, a-t-on appris auprès de ce dernier. Une décision qui concerne également son usine de fabrication de panneaux en bois pour la construction de logements préfabriqués, Mayers industries, installée à Chartres-de-Bretagne (35), au sud de Rennes, dans d’anciens bâtiments du constructeur automobile Stellantis à la Janais.

C’est l’entreprise elle-même qui a annoncé la mauvaise nouvelle sur le réseau social Linkedin : « Après plusieurs années de croissance, d’innovation et d’ambition, la société Mayers a cessé son activité et a été placée en liquidation judiciaire […] Cette décision marque la conclusion d’un projet ambitieux, porté avec passion et détermination par des équipes engagées et des partenaires de confiance ». « La crise […] à laquelle le secteur de l’immobilier est aujourd’hui confronté n’aura pas permis à Mayers de trouver une porte de sortie par le haut », déplore l’entreprise, dont le bureau d’études Mayers ingénierie et environnement a lui aussi été liquidé fin octobre 2024. Contactée, la direction de l’entreprise n’a pas répondu à nos sollicitations. Selon nos informations, l’usine bretonne employait 46 salariés, contre environ 70 à la mi-2023.

Emporté par la crise du neuf

Spécialisé dans la construction « hors site » (c’est-à-dire la construction de logements principalement en usine et non directement sur le chantier), Mayers faisait figure de pari d’avenir pour sa maison mère, le promoteur nantais Réalités. Ce dernier voulait en faire un nouveau modèle de construction écologique, avec en plus des délais et des coûts réduits. L’entreprise est née du rachat, en 2021, de Tessa Industrie, une PME alors installée à La Mézière (35) et que Réalités a déménagée à la Janais dans une nouvelle usine de 14 000 m², moyennant un investissement de 12 M€. Objectif : industrialiser la production et devenir leader du secteur.

Problème, le marché reste encore peu développé. Les finances de Mayers tiennent grâce à Réalités, qui bouche les trous dans la trésorerie. Mais « le château de cartes s’écroule à partir de 2023, avec la crise de l’immobilier neuf. Coûts de construction en hausse, taux d’intérêt élevés, ventes de logements et de bureaux en chute libre… Réalités n’a plus assez de cash pour continuer à soutenir ses différentes activités et coupe les robinets. Le groupe est contraint de renégocier sa dette et est placé en redressement judiciaire en février 2025 », retrace un bon connaisseur rennais de l’immobilier.

Une résidence achevée à Rennes

Pour redresser la barre, Réalités met en vente plusieurs actifs et filiales, dont Mayers (près de 11 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et une perte nette de 11,3 M€), qui, lui, ne parvient pas à boucler une levée de fonds de 10 M€ annoncée en 2023. Dans l’impasse financièrement, l’entreprise est placée en redressement judiciaire en octobre 2024. Une procédure qui lui permet de geler ses dettes, de négocier avec les banques pour refinancer les chantiers et de se lancer à la recherche d’un repreneur. En vain.