Le gouverneur républicain du Texas a inscrit mardi les Frères musulmans et le Council on American-Islamic Relations (CAIR) sur la liste texane des entités terroristes. Cette désignation leur « interdit d’acheter ou d’acquérir des terrains au Texas » et autorise des « poursuites pour les faire fermer », a annoncé Greg Abbott sur X.
Cette décision, inédite à l’échelle d’un État pour des organisations opérant aux États-Unis, intervient alors que la compétence de désignation d’entités terroristes relève habituellement du gouvernement fédéral. Greg Abbott avait déjà franchi ce pas en septembre 2024 en classant le gang vénézuélien Tren de Aragua comme « organisation terroriste étrangère », avant que Donald Trump ne procède au même classement au niveau fédéral en février 2025, après son retour à la Maison-Blanche.
Today, I designated the Muslim Brotherhood and Council on American-Islamic Relations as foreign terrorist and transnational criminal organizations.
This bans them from buying or acquiring land in Texas and authorizes the Attorney General to sue to shut them down. pic.twitter.com/lSYvpkTmh3
— Greg Abbott (@GregAbbott_TX) November 18, 2025
A LIRE François d’Orcival : Les menaces de l’islamisme politiqueUne décision « diffamatoire », selon le CAIR
Le CAIR, l’une des principales organisations de défense des droits des musulmans aux États-Unis, a dénoncé sur X une décision « diffamatoire » dénuée de « fondement factuel ou juridique ». Très critique de la politique américaine vis-à-vis de la guerre à Gaza, l’organisation accuse Greg Abbott d’attiser « l’hystérie antimusulmane afin de discréditer les musulmans américains critiques du gouvernement israélien » et de servir un agenda pro-israélien.
Le gouverneur du Texas s’est montré ces derniers mois particulièrement offensif contre les mobilisations propalestiniennes, qualifiant d’« antisémites » des manifestations étudiantes tenues dans l’État depuis le 7 octobre 2023. En septembre, il avait aussi promulgué une loi interdisant la création de complexes « soumis à la charia », en réponse à un projet immobilier destiné à des musulmans comprenant une mosquée.