La nouvelle formule : « Je sens que je peux apporter à la nouvelle génération »
« Lors de la finale de 2018 contre les Croates à Lille, on se dit que cette rencontre est la dernière en Coupe Davis, et on est tristes de ne pas avoir fait mieux. Contre (Marin) Cilic et (Borna) Coric, les deux meilleurs Français dans les face-à-face, Monfils et Simon, n’ont pas été retenus. En même temps, les années Noah, c’était extraordinaire à bien des égards… Arrive Madrid 2019 (et la nouvelle ère Kosmos). Il n’y a personne dans les tribunes contre les Japonais. La dépression, rien, pas d’émotion, aucune saveur. Quand tu viens de vivre deux finales de Coupe Davis, c’est terrible. Mais tu représentes la France et tu ne te poses pas de question.
À Innsbruck, en 2021 (huis clos pour cause de Covid), je ne joue pas la deuxième rencontre contre les Anglais. Pour sa première sélection, Arthur (Rinderknech) vient de faire un très bon match en simple face à Norrie. Et je dis à Seb (Grosjean, le capitaine) : « Il faut qu’il y retourne. » Je n’étais pas forcément prêt, il y avait de la fatigue et je ne voulais pas qu’il reste sur une défaite. J’avais le sentiment qu’il fallait qu’il prenne de l’expérience. Il a tout de suite dit : « Je suis chaud. » Et il gagne avec Nico (Mahut). À Pau en 2022 face à l’Équateur, c’est bizarre. On est à domicile oui, mais avec une salle pas pleine. Ils ont tué la compète, quoi… On est en reconstruction mais c’est trop tôt.
Après des blessures et des soucis personnels, je suis rappelé en 2024. C’est un choix fort du capitaine (Paul-Henri Mathieu). Car jusque-là, je n’ai quasiment joué aucun double (3 matches seulement). Je l’ai pris pour une marque de confiance. Et en même temps il m’a foutu dans la merde (sourires) parce qu’il faut assurer derrière. À Valence en phase qualificative, je suis hyper heureux de retrouver l’équipe après presque trois ans d’absence. On était sur un truc amer et sans vie les années précédentes. Je sens que je peux apporter à la nouvelle génération avec mon expérience, et sur le terrain en tant que joueur. Le mieux qu’il y ait à faire, déjà, c’est le taf sur le terrain. En dehors, il y a une vraie ambiance d’échange, il y a des joueurs qui sont « esprit ». Arriver à avoir une force commune, construire quelque chose de sain, ça a de la gueule, je trouve. J’aime bien. À Valence, on est dans un groupe terrible et on n’est pas loin d’en sortir. »