Le long-métrage Eleanor the Great marque les débuts en tant que réalisatrice de Scarlett Johansson. Ce drame tendre et poignant met en scène June Squibb dans la peau d’Eleanor, une nonagénaire pleine d’esprit qui, après la mort de sa meilleure amie, quitte la Floride pour vivre à New York. En cherchant à briser sa solitude, elle crée une amitié improbable avec une jeune étudiante, et s’approprie l’histoire de sa défunte amie survivante de l’Holocauste, un acte bouleversant qui questionne la vérité, l’identité et le deuil. Inspiré de l’histoire familiale de la scénariste Tory Kamen et nourri par l’hommage très personnel que Johansson rend aux rescapés de la Shoah, dont plusieurs apparaissent à l’écran, le film a été sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025.

Les avis des critiques

Sandra Onana : « Eleanor The Great part d’un sujet fascinant, d’une grande noirceur, mais le traite comme un mauvais téléfilm démodé. Avec cette histoire d’usurpation, le film tente de fabriquer de bons sentiments à partir de mauvais. D’autant plus qu’en partant du principe qu’Eleanor agit par empathie, le film ne me laisse jamais la liberté de juger si ce qu’elle fait est juste ou non. Dans ce film-hommage à sa grand-mère, Scarlett Johansson semble vouloir interroger : que fait-on de notre héritage mémoriel ? Mais elle n’entre malheureusement jamais dans le vif du sujet, et elle dilue même cette question en incorporant une histoire d’amitié qui surgit en deuxième partie et qui brouille encore plus son propos. Avec ses effets de zoom censés souligner les blagues d’Eleanor, la mise en scène me paraît inexistante : un simple scénario filmé. Quant à la manière dont New York est montrée, elle évoque un décor de Disney : tout y semble simple, niais, sans jamais tirer parti de l’effervescence réelle de la ville. »

Thierry Chèze : « Le sujet, intéressant, sur la mémoire et la transmission s’étiole peu à peu au fil du récit. Le sujet était prometteur, et le point de départ vraiment passionnant. L’histoire d’Eleanor, qui prend l’identité de sa meilleure amie décédée, soulève énormément de questions. Quant à Scarlett Johansson, elle embrasse son actrice qui est tout simplement époustouflante. Tant que le film restait centré sur ces interrogations, j’y trouvais un réel intérêt. Mais, comme si on n’était pas supposé être assez ému, on nous ajoute en deuxième partie une histoire d’amitié dont je peine à comprendre la nécessité. Ça n’apporte ni tension, ni émotion supplémentaire. À quoi bon ? Cette intrigue parasite le reste, au point de tout gâcher. J’ai aussi le sentiment que Scarlett Johansson ne défend pas vraiment le film : quelque chose en elle donne l’impression d’une bonne élève qui récite une dissertation bien apprise. »

Coup de coeur pour Des preuves d’amour d’Alice Douard

Thierry Chèze : « Avec Des preuves d’amour, la réalisatrice prolonge le travail entamé avec son court-métrage L’Attente. Le film aborde l’après « mariage pour tous », au moment où deux femmes désirent avoir un enfant : il y a celle qui accouche, et puis il y a l’autre. Si l’on ressent le désir d’Alice Drouard de raconter cette histoire, elle évite pourtant le film « à sujet » en signant une comédie subtile, peuplée de personnages passionnants. Les deux actrices, magnifiques, tissent une vraie complicité de jeu. Les hauts et les bas qu’elles traversent permettent de vivre pleinement leur aventure. J’ai ri, j’ai été ému : un très beau premier film. »

Extrait sonore

  • Bande annonce de Eleanor The Great de Scarlett Johansson

Plus d’informations

  • Eleanor The Great de Scarlett Johansson sort en salle le mercredi 19 novembre 2025
  • Eleanor The Great de Scarlett Johansson a été sélectionné dans la catégorie Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025
  • Par le passé, Scarlett Johansson avait réalisé un court-métrage, These Vagabond Shoes (2009)

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