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Publié le 19/11/2025 20:47

Temps de lecture : 2min – vidéo : 2min

Rouen : une patiente de 99 ans contrainte à 64 heures d’attente aux urgences

Rouen : une patiente de 99 ans contrainte à 64 heures d’attente aux urgences
(France 2)

2min

À 99 ans, Claire Gougeon a passé 64 heures sur un brancard aux urgences de Rouen (Seine-Maritime), faute de lit disponible. Sa famille dénonce des conditions indignes et alerte sur la saturation hospitalière, tandis que les soignants font face à une activité qualifiée d’exceptionnellement intense.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

À 99 ans, Claire Gougeon se remet tout doucement de son séjour à l’hôpital. Sa petite-fille et son fils l’entourent affectueusement, encore sidérés. Fin octobre, la nonagénaire a passé 64 heures aux urgences avant d’être admise en gériatrie pour un œdème pulmonaire. Laurent Gougeon, son fils, raconte : « Elle a été prise en charge très rapidement. C’est l’après. C’est l’après où, madame, on n’a pas de lit pour vous, donc vous restez sur le brancard. Ça, je n’admets pas ».

Aucun lit n’était disponible dans l’hôpital. Pendant deux jours et demi, ses proches se relaient dans le box des urgences et constatent le manque de moyens. « Ma mère m’a amené un repas au cas où et elle a bien fait, parce qu’une soignante nous a remerciés d’avoir apporté à manger : il y a tellement de monde qu’ils n’ont pas assez de repas pour tout le monde. Elle n’aurait pas d’entourage, pas d’enfant, qu’est-ce qui se serait passé ? », s’interroge Aline Gougeon, petite-fille de Claire.

Aline rapporte aussi à sa grand-mère des coussins anti-escarres, inquiète de voir apparaître des rougeurs. Infirmière, elle connaît les risques. Et si elle alerte aujourd’hui, c’est autant pour les patients que pour les soignants :
« Je plains mes collègues soignants qui doivent travailler dans des conditions comme ça, subir le regard des patients et des aidants ».

Contacté, le centre hospitalier de Rouen explique : »Le service des urgences a dû faire face à une activité très intense avec plus de 250 passages par jour en pleine poussée épidémique saisonnière. Cette situation a malheureusement généré une attente anormalement prolongée ».

La famille est aujourd’hui soulagée, mais redoute que leur aïeule doive un jour retourner aux urgences dans un hôpital saturé.