Vendredi, 22 h 45. L’atmosphère est inhabituelle dans la rue Antoine-Durafour.
Vingt-cinq policiers viennent d’arriver dans le quartier. Depuis quatre jours, les conditions de vente d’alcool ont changé et quatre débits de boissons, essentiellement des épiceries, vont être simultanément contrôlés.
« On a un véritable trouble d’ordre public dans cette rue »
Le 17 avril, Alexandre Rochatte, préfet de la Loire, a signé un arrêté durcissant les conditions de vente d’alcool. Entrée en vigueur lundi, la nouvelle réglementation interdit « aux débits de boissons à emporter (y compris en livraison) », de type supérette ou bureaux de tabac équipés de réfrigérateurs, ainsi qu’« aux établissements fonctionnant sous régime associatif » (1) de vendre des boissons alcoolisées entre 22 heures et 6 heures du matin.
Le but ? Faire « face à une augmentation significative des infractions à la réglementation des débits de boissons, des troubles à l’ordre public et des nuisances sonores liés à l’ouverture tardive de ces établissements », selon la préfecture.
D’où les contrôles inopinés organisés ce vendredi soir par la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) : « On a un véritable trouble d’ordre public dans cette rue et il va falloir que ça cesse », explique Yves Cellier, le patron de la police dans la Loire.
Les rayons des établissements ciblés sont inspectés par les forces de l’ordre, mais les contrôles vont au-delà de la vente d’alcool : « On regarde aussi si on n’a pas d’emploi d’étranger sans titre, de travail dissimulé, de vente de produits illicitement vendus comme du tabac ou des produits illicites de type stupéfiant. »
« Aucun ne respectait l’arrêté et notamment ses obligations d’affichage »
Accompagné par Adrien Sperry, son directeur de cabinet, Alexandre Rochatte est aussi sur place : « Ce sont les maires de la Loire qui nous ont fait remonter le besoin de travailler sur ce sujet. Des infractions pénales peuvent être constatées, mais aussi des infractions administratives, c’est-à-dire qu’on pourra spécifier les fermetures administratives de ces lieux s’ils ne respectent pas la réglementation. »
Entre 22 h 45 et 00 h 15, sur les quatre établissements contrôlés rue Antoine-Durafour, « aucun ne respectait l’arrêté et notamment ses obligations d’affichage », d’après la préfecture.
« Ce n’est que le début de ce type d’opérations », prévient Yves Cellier. D’autres sont prévus dans le département dans les prochains jours, notamment dans le Roannais.
(1) Concernant les bars associatifs, il est interdit de servir des boissons alcoolisées à emporter en dehors du local associatif entre 22 heures et 6 heures du matin. Il est toutefois autorisé d’en vendre sur place jusqu’à 1 h 30 et les membres doivent pouvoir justifier de leur adhésion à l’association en cas de contrôle.