Les soins critiques seront réunis sur un même plateau dans le bâtiment principal du CHU de Rouen d’ici trois ans, en 2028. Ils comprennent les soins intensifs polyvalents et les réanimations. L’objectif est d’avoir une meilleure prise en charge des patients.

C’est un projet XXL. Au CHU de Rouen, une grue bleue, rouge et blanche de plusieurs mètres de hauteur surplombe le bâtiment central de l’hôpital Charles Nicolle. Des travaux de surélévation du bâtiment ont débuté. Le projet est de construire deux étages pour regrouper les services de soins critiques dans trois ans, en 2028.

Des lits supplémentaires

Les soins critiques (soins intensifs et réanimation) seront réunis sur un seul et même plateau de 13.000 m² « au cœur de l’hôpital Charles Nicolle pour permettre de prendre en charge les malades qui ont une défaillance vitale dans la filière de soin de chirurgie ou médicale, en post opératoire, après un accident ou dans le cas d’une maladie grave », explique Pierre-Gildas Guitard, anesthésiste réanimateur.

« Il y a des pics d’activité dans la gestion des soins critiques, par exemple les situations sanitaires exceptionnelles, les maladies hivernales ou les accidents, et parfois les pics d’activités ne sont pas les mêmes d’une réa à l’autre et donc le fait d’être regroupé, ça va changer beaucoup de choses dans la prise en charge des malades pour nous. Il y aura une proximité entre les services de réanimation », poursuit celui qui fait aussi partie de ceux qui ont piloté ce projet.

Ce projet médical va s’accompagner d’une ouverture de 17 lits supplémentaires de soins intensifs. Il y en aura 32 au total, ainsi que cinq lits de réanimation supplémentaires pour un total de 67 lits. « On va regrouper les quatre réanimations du CHU en un seul et même endroit », précise Vincent Favre, le directeur des plateaux médico-techniques du CHU.

« On a tiré les enseignements du covid. On a manqué de lits de réanimation et on a dû, d’une part transformer des lits de soins intensifs en réanimation et même en faisant ça on a manqué de lit et on a dû d’autre part transformé des lits d’hospitalisation conventionnels en lits de réanimation », se souvient Vincent Favre.

Fluidifier le parcours des patients

Les nouveaux plateaux seront à proximité des blocs opératoires et d’autres services du CHU. « Cela va permettre des transferts rapides entre les blocs opératoires et les réanimations, entre la chirurgie et les réanimations. La réanimation va s’amarrer aux différents services », souligne Stéphanie Decoopman, la directrice générale du CHU de Rouen pour qui « cette transformation profonde répond aux besoins du territoire pour les décennies à venir ».

En Normandie, il y a 7,23 lits de réanimation pour 100.000 habitants, un peu moins que la moyenne nationale. « On a un déficit en soins critiques. Chaque nuit, chaque jour, les équipes essaient de trouver des places avec nos partenaires et les autres hôpitaux normands. C’est à la fois important parce que ça va permettre des parcours patients avec une densité en soins plus importante dans l’hôpital », renchérit la directrice générale du CHU.

« Pour tous les autres hôpitaux, ce sera aussi un accès de plus quand on a besoin que le CHU prenne le relai dans la prise en charge des malades toujours en lien avec nos partenaires que ce soit hospitalier sur le site de Charles Nicolle ou les autres hôpitaux », complète Stéphanie Decoopman avant de conclure « on se munit d’un outil qui va permettre à des situations exceptionnelles quelles qu’elles soient ».

Ce projet coûte soixante six millions d’euros, dont sept millions proviennent de la métropole de Rouen.