La formule actuelle de la Coupe Davis est un gloubi-boulga indigeste. Mais la Fédération Internationale a signé un contrat de trois ans avec Bologne. Malgré, ce frein, RMC Sport propose des solutions pour redonner de l’éclat à cette épreuve qui a fait rêver.

On ne doute pas que le Saladier d’Argent reste un trophée convoité pour les joueurs qui sont présents cette semaine au Final 8 à Bologne. Il suffisait de les voir approcher le Trophée dimanche, au Palazzo Re, scruter les noms prestigieux gravés et prendre des photos. Mais la formule actuelle est un repoussoir. Sauf pour l’Italie, avouons-le.

Seul Top 10 présent en Italie (NDLR: après le forfait de Carlos Alcaraz et, plus tôt, de Jannik Sinner), Alexander Zverev a assumé des propos tenus lors du Masters de Turin. « La seule raison pour laquelle je suis ici, c’est à cause de cette équipe », a déclaré le n°3 mondial en conférence de presse à Bologne. « Je continue de dire, et je continuerai de dire, que je préfère l’ancien format de la Coupe Davis. Je l’ai toujours dit et je continuerai de le dire. Je pense que c’était historique. Je pense que c’était un élément important de jouer les matchs à domicile et à l’extérieur. »

« On était loin de la Coupe Davis »

Un vœu pieux car la Fédération Internationale a signé un contrat de trois ans avec la ville de Bologne, organisatrice de ce Final 8. Amené à commenter l’ambiance du France-Belgique de mardi, Paul-Henri Mathieu a tout résumé: « L’ambiance était correcte, mais on était loin de la Coupe Davis. Pour moi, la Coupe Davis, c’est on joue à la maison ou à l’extérieur. Aujourd’hui, ce n’était pas le cas, mais c’est quelque chose qu’il faut accepter parce que c’est aujourd’hui le format actuel et que c’est pour tout le monde pareil. On en a encore pour deux ans, a priori. Vous savez, j’ai l’impression que tout peut changer rapidement. Donc, même quand les choses sont signées, on ne sait pas ce qui peut arriver… »

Le capitaine tricolore détient-il des informations exclusives? On en doute. Les organisateurs ont conçu un joli court central de 10.000 places, ont aménagé une zone joueurs appréciée. Mais on a constaté que les 4.000 scolaires invités mardi ont commencé à quitter les tribunes vers 19h. Il fallait rentrer à la maison, il y avait école le lendemain…

Autant la réintégration des rencontres sur cinq matches en septembre a redonné du souffle à l’épreuve, autant ce retour en arrière pour le Final 8 – deux simples et un éventuel double – désespère les acteurs. « J’ai une pensée toute particulière pour Pierre-Hugues (Herbert) et Ben (NDLR: Benjamin Bonzi)« , a lâché Arthur Rinderknech mardi soir après la défaite des Bleus contre la Belgique (2-0). « Il a eu une blessure difficile qui a occasionné un contre-la-montre, il s’est arraché pour revenir, il était compétitif. Je voulais gagner pour qu’ils aient leur chance de fouler le court. »

Le vainqueur qualifié d’office pour la finale suivante?

Lors de cette phase finale, on est passé d’un entrée-plat-dessert à un fast food indigeste. La Coupe Davis n’a plus que trois semaines dans le calendrier. Le problème semble insoluble. A moins de l’étaler sur deux ans. Dans le podcast Court 1, RMC propose même que le vainqueur de l’édition défende directement son trophée deux ans plus tard en accueillant une belle finale à l’ancienne. Sur cinq matches. On reviendrait alors au Challenge Round, quand l’équipe de France des Mousquetaires avait dû construire le stade Roland-Garros en toute hâte en 1928 pour recevoir les Etats-Unis.

Au moins, les problèmes de logistique seraient résolus puisque le pays hôte aurait deux ans pour réserver un lieu à la hauteur. Dans ce cadre unique, Jannik Sinner aurait peut-être envie de porter de nouveau le maillot transalpin, lui qui a regretté de n’avoir « jamais disputé un vrai match de coupe Davis ». A charge de la Fédération internationale d’amener le challenger. L’épreuve retrouverait un cachet. Et du caractère. L’an passé, à Malaga, les deux simples remportés par l’Italie face aux Pays-Bas avaient duré, en cumulé, 2h47…

On est loin de la victoire des Bleus en Suède en 1996 qui avait tenu en haleine les spectateurs jusqu’à 22h56 un dimanche soir après neuf heures de lutte… Vingt-neuf ans plus tard, ce chef d’œuvre est plus que jamais en péril. Il n’a plus l’éclat de la Ryder Cup ou de l’America’s Cup, autres compétitions centenaires. Mais il faut une volonté commune pour tenter de le sauver…