Par
Amandine Vachez
Publié le
21 nov. 2025 à 12h42
Un lieu immense avec des rayonnages de marchandises. Un des grands entrepôts du Port de Lille sert à la Banque alimentaire du Nord. Les produits, recueillis de collectes ou de dons, sont acheminés vers cet entrepôt, où ils sont triés, puis redistribués à des partenaires, pour les personnes dans le besoin. L’équipe de bénévoles lilloise prépare la grande collecte de fin novembre 2025. Ne manquent que quelques bras, alors que le lieu fonctionne à flux tendu tous les jours. Visite.
Une antenne dynamique dans le Nord
Vous connaissez peut-être la Banque alimentaire pour avoir vu de ses bénévoles dans les supermarchés proches de chez vous. C’est ce qu’ils vont de nouveau faire, pendant trois jours fin novembre 2025, pour recueillir des dons. Des denrées pour les distribuer à des associations, qui les laissent à des personnes dans le besoin.
Dans le Nord, la Banque alimentaire compte trois antennes, en plus d’un immense entrepôt logistique à Lille, où est basée la structure. L’association est présente à Dunkerque, Maubeuge et Valenciennes. Elle prend soin de développer des partenariats avec des associations locales pour subvenir aux besoins d’un maximum de bénéficiaires : 103 000 personnes en 2024.
« Il y a beaucoup d’étudiants dans le besoin, qui ne mangent qu’un repas par jour. On leur donne des denrées alimentaires et d’autres produits d’hygiène, comme du dentifrice », appuie le représentant national des Banques alimentaires. Il relaie que, depuis la crise Covid et avec l’inflation, de nombreux salariés, dont en CDI, font désormais partie des personnes précaires. « Avec le minimum et parfois des contrats à mi-temps, ils ne s’en sortent pas. »
15 associations chaque jour pour des convois depuis l’entrepôt lillois
Dans l’entrepôt de Lille, des lignes et des colonnes de produits sont stockés. Certains issus de collectes, d’autres de dons de partenaires. 15 associations passent chercher des marchandises chaque jour. Les bénévoles sont présents toute l’année, « le lieu fonctionne à flux tendu », relaie la directrice de l’antenne du Nord, Marion Fourrier. Environ 1 000 tonnes de denrées sont stockées au moment de notre passage dans le grand entrepôt. À titre indicatif, 5 700 sont distribuées chaque année.
Lors de notre passage, des palettes arrivent sous la pluie battante. Les porteurs vont et viennent dans les rayonnages pour les placer, alors que des bénévoles préparent des étiquetages. De l’autre côté, une association est venue chercher un stock de marchandises. Il s’agit de la Croix Rouge de Bailleul, qui se déplace une fois par mois. « On prend du pain, du lait, des conserves… Parfois des surgelés, comme aujourd’hui. C’est pour ça qu’on a mis les glacières », explique Benoît Roetynck, représentant de l’antenne locale dépendant d’Hazebrouck. Ses bénévoles prennent entre 1,2 et 1,5 tonne de denrées par mois, payées à « un tarif dérisoire. » Ce qui permet d’aider une centaine de bénéficiaires, soit une quarantaine de familles.

L’antenne de Bailleul (Nord) de la Croix Rouge vient une fois par mois chercher des produits. Elle prend en fonction des besoins : entre 1,2 et 1,5 tonne de produits. ©Amandine Vachez
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En complément, l’antenne bailleuloise de la Croix Rouge collabore avec plusieurs enseignes de proximité, de la grande distribution aux petits commerçants. « On a mis en place un système qui permet de donner de l’argent dans une boulangerie, pour offrir du pain. Ça fonctionne bien. Les gens donnent, ils savent où leur argent va », témoigne Benoît Roetynck. À la Croix Rouge, les paniers sont calculés sur la base du reste à vivre des bénéficiaires. Ils donnent entre 1 et 5 euros.
On distribue de bons produits, des fruits et des légumes. Certains bénéficiaires le sont depuis un moment, d’autres sont de passage. À notre échelle, on aide les gens à rebondir.
Benoît Roetynck, de la Croix Rouge (Bailleul).
Le tri après la grande collecte, « un vrai moment de vie »
Suite à la grande collecte annuelle de la Banque alimentaire il y a « une belle énergie » dans l’entrepôt de Lille. « Pendant 2-3 mois, une trentaine de personnes sont ici tous les jours pour trier les produits. C’est un vrai moment de vie pour nous », raconte Marion Fourrier.
Mais avant ça, il faut encourager à donner dans de très nombreux points du département : les grandes surfaces, les écoles et les mairies, du 28 au 30 novembre. La collecte sera animée par plus de 3 000 bénévoles. Si le réseau sait déployer des mains, il manque encore des volontaires, pour ce temps fort. Or, « la grande collecte est essentielle : elle représente 6 % de ce qu’on distribue au total sur l’année. Et c’est le seul moment de l’année où on nous voit », appuie Marion Fourrier.
Vous reconnaîtrez les bénéficiaires à leur gilet orange fluo, qu’ils ne quittent pas. « Parfois, je pars avec et je ne m’en rends pas compte », sourit Clément, jeune visage de l’association.

Environ 1 000 tonnes de denrées sont stockées dans cet immense entrepôt de Lille (Nord). 5 700 tonnes sont distribuées chaque année à des associations locales. ©Amandine VachezEncourager les dons et le bénévolat
Pour la Banque alimentaire, le défi est d’encourager les dons : de denrées sèches et de plats cuisinés notamment, « aussi du café, du sucre, des légumineuses », cite Marion Fourrier.
En attendant, le travail de logistique dans le grand hangar de Lille se poursuit. Les 11 salariés du département sont sur tous les fronts, comme les quelque 200 bénévoles qui œuvrent tout au long de l’année. Marion Fourrier salue le courage de ces volontaires qui viennent de tout temps et de toute température : « C’est grâce à eux qu’on peut faire tout ça. »
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