Par

Lisa Rodrigues

Publié le

21 nov. 2025 à 17h54

Depuis trois jours, collectifs et associations pour le droit au logement occupent le siège de la Métropole de Grenoble. La raison de leur mobilisation ? Ces associations dénoncent « des expulsions à répétition dans le quartier de la Villeneuve par Actis », un bailleur social public, dont la dernière vague remonte au 18 novembre, en pleine trêve hivernale.

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D’après ces associations, ce sont des familles très précaires, avec pour beaucoup des enfants, qui sont concernées et qui se retrouvent aujourd’hui à la rue, sans solution d’hébergement d’urgence.

Près de 30 logements évacués depuis le début de l’année

Contacté par la rédaction, Actis indique par voie de communiqué que « depuis plusieurs mois, [ces] logements sont occupés illégalement » – et sont donc squattés – dans les secteurs des Géants et de l’Arlequin. La loi autorise en effet à expulser les squatteurs d’un logement pendant la trêve hivernale.

En lien avec les services sociaux, le bailleur assure avoir rencontré « à plusieurs reprises les squatteurs » pour exposer la situation et « faciliter leur orientation vers les services compétents afin de trouver une solution d’hébergement d’urgence ».

En parallèle, Actis, propriétaire et gestionnaire de ces bâtiments a l’obligation de faire constater immédiatement l’occupation illégale par voie d’huissier et de saisir la justice ou les services de la Préfecture de l’Isère.

Actis
Bailleur social

Actis indique que depuis le début de l’année, « 28 logements squattés ont été repris avec le concours de la force publique. Certains étaient vides d’occupants. »

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Des squats gérés par des « marchands de sommeil »

D’après le bailleur, ces squats ont entraîné diverses dégradations commises « directement par les squatteurs, soit par des tiers faisant payer ces entrées ».

Ces « tiers » sont désignés par les associations de droit au logement comme des « marchands de sommeil » liés aux « mafias qui rackettent, violentent et menacent de mort » les occupants précaires des lieux.

Sans solution de secours, les collectifs ont donc installé pour la nuit les familles au siège de la Métropole. « L’occupation, portée par un fort élan de solidarité, est prévue pour durer le temps qu’il faudra, tant que des solutions satisfaisantes n’ont pas été trouvées », assure l’association Droit au Logement 38 par voie de communiqué.

Des « milliers de logements vacants »

La question du manque d’hébergements d’urgence n’est pas nouvelle sur Grenoble. Il y a quelques semaines, Éric Piolle avait promis de réquisitionner des logements vacants en ce sens. Une promesse que rappellent les associations en appelant à la réquisition « par l’État ou les mairies » des « milliers de logements vacants dans l’agglomération ».

Elles demandent également à Grenoble-Alpes Métropole de mettre à disposition les « nombreux immeubles vides » gérés par son établissement public foncier. Des rencontres entre les services métropolitains, le bailleur et les associations ont eu lieu ces derniers jours pour tenter de trouver des solutions, sans succès pour le moment.

Contactée, la Métropole n’a pas donné suite aux sollicitations de la rédaction sur le sujet.

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