Alors que déboule sur nos écrans Running man, dans lequel un homme devient la cible potentielle de tous ses concitoyens, Edgar Wright a déjà montré ses talents pour transformer ce trope d’action en monument jouissif dans cette scène géniale de Hot Fuzz.

Dur dur d’être un héros d’action chez Edgar Wright. Tandis que Ben Richards affronte dans Running Man des tueurs soutenus par toute la population, ses prédécesseurs se coltinaient des zombies, des extra-terrestres, des exs maléfiques… Mais les plus redoutables n’étaient-ils pas, en fin de compte, les villageois vénère de Hot Fuzz ?

Cadet de la fameuse trilogie Cornetto, Hot Fuzz envoie Simon Pegg maintenir l’ordre au sein d’un bourg trop propret, avec l’appui (relatif) de son comparse Nick Frost. Et lorsqu’il s’agit de retourner en découdre une dernière fois avec une communauté commuée en épicentre MEGA (Make England Great Again), Edgar Wright prouve qu’il est l’homme de la situation pour emballer une pétarade d’anthologie.

Carnage à domicile

Edgar Wright s’est imposé comme réalisateur par la grâce d’une mise en scène qui conjugue comme peu d’autres fluidité du montage et mouvement permanent, faisant preuve d’une créativité cinématographique particulièrement adaptée à l’action. Ce n’est pas un hasard s’il la place régulièrement au cœur de ses dispositifs, entre les courses-poursuites musicalement dopées de Baby Driver, les combats de boss de Scott Pilgrim

Pour le bouquet final de Hot Fuzz, Wright orchestre une savoureuse montée en tension, étirant le retour du policier dans la bourgade par des zooms successifs sur les visages hébétés de ses concitoyens. Puis il installe sa petite sauterie sur une place circulaire des plus authentiques : Wright a porté son dévolu sur Wells dans le Somerset, où il a grandi, et dont il dira sur la BBC : « J’adore cette ville, mais j’ai aussi envie de la saccager« .