Les chiffres sont effarants. Dans la Loire, en 2024, 3 000 dépôts de plainte pour violences conjugales ont été comptabilisés, mais 86 % sont classés sans suite. « Pour les agressions sexuelles, on frôle les 90 % » souligne Valérie Atif, coprésidente de SOS Violences conjugales 42. L’association était présente ce samedi en fin de matinée à l’invitation des organisations syndicales ligériennes qui ont dénoncé ces faits lors d’une manifestation dans le centre-ville de Saint-Étienne, ce samedi matin.

L’association SOS Violences conjugales 42 s’occupe d’une centaine de femmes et de leurs enfants au quotidien, mais accompagne sur l’année plus de 800 victimes féminines.

« Le fléau du masculinisme chez les 18-24 ans sur les réseaux sociaux »

« Il s’agit d’un fléau sociétal qui malheureusement continue d’augmenter » précise-t-elle encore. Nicole Bory, l’autre vice-présidente de l’association insiste, elle, sur la dangerosité des réseaux sociaux. « Chez les 18-24 ans, il y a une montée du masculinisme qui devient préoccupante ». Identifier les mouvements antiféministes, dénoncer le masculinisme s’avère un vrai thème qui fera l’objet des prochaines conférences.

« À SOS violences conjugales, on s’occupe également des prévenus, on anime des stages pour éviter la récidive et pour que, si les couples se remettent ensemble, cela se passe bien ». Des efforts louables pour que les femmes se sentent en sécurité et entourées en prônant le dialogue.

« Le problème, c’est la protection qui ne suit pas. On demande des augmentations de crédit au gouvernement pour installer plus de dispositifs, mais cela a été rejeté dans la perspective du budget à venir. Il s’agit pourtant d’un sujet prégnant ».

En 2025, il y a eu 145 féminicides en France soit presque autant qu’en 2019 (153). Et pourtant, la sensibilisation et les actions ont été nombreuses ces dernières années. La preuve que le chemin semble encore long et périlleux.

« Préférez-vous rencontrer un ours ou un homme si vous êtes seule dans la forêt ? » Cette question posée aux femmes sur les réseaux sociaux aux États-Unis. La réponse est sans équivoque : un ours.