Joao Lourenco (Union africaine), Mark Carney (Canada), Emmanuel Macron, Fredrich Merz (Allemagne) et Narendra Modi (Inde) lors du G20 à Johannesburg ce 22 novembre.

GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Joao Lourenco (Union africaine), Mark Carney (Canada), Emmanuel Macron, Fredrich Merz (Allemagne) et Narendra Modi (Inde) lors du G20 à Johannesburg ce 22 novembre.

La capacité du G20 à régler les crises internationales est menacée par les divisions et les rivalités géopolitiques, ont mis en garde Emmanuel Macron et plusieurs dirigeants ce samedi 22 novembre, au premier jour de leur sommet à Johannesburg boycotté par Donald Trump et bousculé par son plan sur l’Ukraine.

Malgré les doutes sur la vitalité de cette organisation qui regroupe 19 pays plus l’Union européenne et l’Union africaine (soit 85 % du PIB mondial et environ deux tiers de la population), une déclaration d’intentions a été rendue public dans la journée.

Voici les principaux points à en retenir.

Minerais stratégiques

Les restrictions imposées par Pékin sur ses exportations de terres rares ont mis en lumière la dépendance de nombreux pays envers ces matières premières et d’autres minerais dits stratégiques : ils sont indispensables à la transition énergétique, dans les batteries des voitures électriques ou les éoliennes, mais aussi pour de nombreux produits électroniques, à commencer par les puces qui font fonctionner l’intelligence artificielle.

À l’heure où nombre de pays redoublent d’effort pour sécuriser leur approvisionnement, les dirigeants du G20 disent vouloir mieux le protéger des chocs, notamment géopolitiques ou commerciaux.

« Nous cherchons à garantir que la chaîne de valeur des minerais stratégiques puisse mieux résister aux perturbations, qu’elles soient dues aux tensions géopolitiques, à des mesures commerciales unilatérales incompatibles avec les règles de l’OMC, à des pandémies ou à des catastrophes naturelles », écrivent-ils.

La déclaration soutient aussi une exploitation accrue de ces minerais stratégiques, en particulier dans les pays en développement. Le secteur doit être un moteur de développement et créer de la valeur pour ces pays, et pas se résumer à l’exportation de « matériaux bruts ».

Les minerais stratégiques, parmi lesquels on retrouve par exemple le lithium, le cobalt ou le cuivre, sont présents en abondance sur le continent africain, où se réunissait pour la première fois le G20.

Paix juste et durable

Les dirigeants du G20 réagissent aux grands conflits en cours dans le monde en réclamant « une paix juste, complète et durable » en Ukraine, mais aussi au Soudan, en République démocratique du Congo et dans « les territoires occupés palestiniens ».

Ils appellent aussi les pays à « s’abstenir de la menace ou de l’usage de la force pour gagner des territoires » au détriment de la souveraineté ou de l’indépendance politique d’un autre État.

S’il s’agit de la seule référence à l’Ukraine dans ce texte de 30 pages, le plan américain pour le pays a bousculé l’agenda du sommet : les dirigeants occidentaux, en particulier européens, ont multiplié les consultations à ce sujet en marge du sommet.

Inégalités

L’Afrique du Sud a fait de la lutte contre les inégalités une des priorités de son G20 et prônait la création d’un panel international sur le sujet. La déclaration n’en fait pas mention. Elle souligne toutefois l’« impératif » de s’attaquer aux « disparités de richesse et de développement, tant au sein des pays qu’entre eux ».

Les dirigeants ont également appelé à la réforme du système financier international afin d’aider les pays à faibles revenus à faire face au remboursement de leur dette. Ce dernier entrave leur capacité d’investissement dans les infrastructures, la santé et l’éducation.

La déclaration réclame plus de transparence de la part des créanciers, y compris ceux du privé, et dit soutenir les efforts pour instaurer des taxes mondiales minimales. Mais ils n’ont pas repris l’engagement de Rio en 2024 à coopérer pour taxer « effectivement » les personnes très fortunées.

Climat

Adoptée le jour même de la conclusion des négociations climatiques de la COP30 au Brésil, la déclaration reconnaît la nécessité d’augmenter « rapidement et substantiellement » les financements climatiques, pour passer « de milliards à des milliers de milliards à l’échelle mondiale et provenant de toutes les sources ».

Elle met l’accent sur les inégalités en matière d’accès à l’énergie, en particulier en Afrique, et appelle à accroître, sécuriser et diversifier les investissements vers des sources d’énergie durables.

Les dirigeants indiquent qu’ils appuieront le développement de systèmes d’alerte précoces pour les populations les plus exposées aux catastrophes liées au climat.