Par
Thomas Bernard
Publié le
22 nov. 2025 à 18h51
Le 13 novembre dernier, Mehdi Kessaci a été assassiné alors qu’il était dans sa voiture. Le Marseillais de 20 ans a été tué car il était le frère d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcobanditisme. Un drame qui a mis en exergue la puissance et la violence des trafiquants de drogue en France.
Ce samedi 22 novembre, plus de 350 personnes ont participé au rassemblement organisé à Nantes. « Pour ne pas oublier Mehdi Kessaci », pouvait-on lire sur un bouquet de fleurs, posé au pied du monument des 50 Otages, lieu de rendez-vous du rassemblement.
Pendant cette manifestation, les Nantais se sont livrés sur le drame et ont appelé à « une prise de conscience » de la société.
Un combat de société
« Le drame a eu lieu à Marseille, mais nous avons connu des drames similaires dans notre ville », confie une Nantaise qui a préféré rester anonyme. À l’instar de plusieurs métropoles françaises, la cité des ducs de Bretagne est touchée par le narcotrafic.
« Le sujet de la drogue doit être saisi par la société. Cette thématique devrait être transpartisane, chaque bord politique devrait éviter d’en faire une récupération politique. L’enjeu est trop important », explique Michel.

Un bouquet de fleurs a été déposé au pied du monument des 50 Otages à Nantes. ©Thomas Bernard / actu Nantes
Dans les rangs de l’assemblée nantaise, on partage la nécessite de « mener le combat » contre le trafic. « Derrière le trafic il y a le blanchiment ou la corruption, cela impacte l’ensemble de la société », alerte Patrick, 76 ans.
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Si certaines personnes veulent accentuer la prévention et la sensibilisation avant des drames comme celui du 13 novembre 2025, d’autres pointent du doigt les consommateurs des substances illicites. « S’il n’y a pas de consommateurs, il n’y a pas de marché », affirme Nelly.
« Entrez en résistance »
Le sujet est complexe. Peu convaincus par les solutions apportées par les pouvoirs politiques depuis des années, des manifestants sont persuadés que la réponse peut venir de la société. « On pourrait envisager une convention citoyenne », glisse une Nantaise.
« Avec ce drame, il faut une vraie prise de conscience. Ce fléau est l’affaire de tous. Il n’y a pas de totem d’immunité, toutes les catégories sociales sont concernées. La solution ne doit pas que venir de la puissance de l’État. Il faut aussi le soutien du milieu associatif, l’école et la justice », lance Davis, engagé dans le milieu associatif depuis une vingtaine d’années.
Pour les personnes rencontrées, le débat sociétal « ne doit pas rester sans lendemain » après le meurtre de Mehdi Kessaci. Un combat sur le long terme qui doit s’accompagner d’investissements à l’heure des coupes budgétaires.
« Il faut donner des moyens aux associations, à la justice et aux enquêteurs », ajoute Davis.
À la fin du rassemblement, un message audio d’Amine Kessaci a été diffusé devant le monument des 50 Otages. « Le pays se réveille avec un monstre qui s’infiltre de partout », regrette Amine Kessaci.
Le militant a exhorté les manifestants à se joindre au combat contre le narcotrafic. « Entrez en résistance, luttez. Lutter, c’est vivre. »
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