« La France doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de Laurent Vinatier, écrivent les signataires dans la tribune publiée par le quotidien Le Monde, samedi 22 novembre. Prisonnier d’un jeu politique et diplomatique qui le dépasse, Laurent Vinatier est avant tout un fils, un frère, un époux, un père et un ami dont l’absence, depuis plus d’un an, plonge chaque jour les siens dans l’angoisse et le désarroi », poursuivent-ils.

Incarcéré depuis juin 2024, ce chercheur de 49 ans spécialiste de l’espace post-soviétique était employé sur le sol russe par une ONG suisse qui fait de la médiation dans des conflits hors des circuits diplomatiques officiels, notamment s’agissant de l’Ukraine.

Il a été condamné, en octobre 2024, à trois ans de prison pour ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger », un label utilisé par les autorités russes pour réprimer leurs détracteurs. Depuis fin août, il est visé par de nouvelles accusations, d’espionnage, passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.

« Nous sommes dans une grande incertitude et détresse »

Sa mère, Brigitte Vinatier, confie, à Justine Fontaine, du service international de RFI, vivre dans l’incertitude. Et elle craint que la Russie prolonge encore la durée de l’enquête pour espionnage qui vise son fils : « Les autorités russes ont annoncé que l’enquête aurait lieu jusqu’au 27 novembre. Ce que nous craignons surtout, c’est que l’enquête soit poursuivie. Nous pensons qu’il y aura une audience dans quelques jours. Mais nous sommes dans l’ignorance la plus complète, parce qu’il faut savoir que l’avocat de notre fils s’est engagé à ne rien révéler de l’affaire, et surtout des interrogatoires qu’il subit. Et nous savons qu’il y aura un procès. Je n’imagine même pas s’il encourt 20 ans de prison. Ça nous parait totalement arbitraire et inimaginable. Nous sommes dans une grande incertitude et détresse. »

Selon les signataires de la tribune du Monde, « son nouveau procès doit commencer prochainement ». Parmi eux, figurent également la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ex-otage en Colombie, Mortaza Behboudi, journaliste Franco-Afghan emprisonné durant dix mois en 2023 par les talibans, et Camilo Castro, Français libéré le 15 novembre par le Venezuela après cinq mois de détention.

Ces derniers mois, Paris a exigé de Moscou la libération de Laurent Vinatier, accusant la Russie de chercher à prendre des Occidentaux en otage, alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas depuis l’assaut russe contre l’Ukraine lancé en 2022 et les sanctions qui ont suivi.

À écouter aussiBrigitte Vinatier: «Laurent Vinatier est une victime des tensions entre la Russie et la France»