La justice allemande enquête sur un ancien gardien d’un camp de prisonniers nazi, aujourd’hui centenaire, soupçonné d’être impliqué dans des exécutions à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le parquet de Dortmund soupçonne cet homme d’avoir pris part à « des actes de mise à mort » en tant que gardien au Stalag VI A à Hemer, dans l’ouest du pays, a indiqué à l’AFP le procureur général Andreas Brendel, confirmant une information du journal Bild.
Les crimes auraient été commis « au minimum » entre le 6 décembre 1943 et le 22 septembre 1944, a aussi confirmé le parquet, qui ne souhaite pas fournir d’autres informations. L’enquête est toujours en cours. Des milliers de prisonniers de guerre, en majorité soviétiques, sont morts dans des conditions inhumaines dans ce camp. Au moins 100 000 personnes y ont été détenues.
Un camp de détention aux conditions inhumaines
Plusieurs procès d’anciens gardiens, cadres et employés de camps nazis ont eu lieu ces dernières années en Allemagne, depuis la condamnation en 2011 de l’ancien garde du camp d’extermination de Sobibor, John Demjanjuk, qui avait fait jurisprudence. Compte tenu du grand âge des accusés, les procès n’ont parfois pas pu se tenir ou les condamnés sont décédés avant d’être emprisonnés, comme John Demjanjuk.
Josef Schütz, un autre ancien gardien de camp de concentration condamné en juin 2022 à cinq ans de prison, est décédé moins d’un an plus tard à l’âge de 102 ans. Irmgard Furchner, une ex-secrétaire du camp de Stutthof, dans l’actuelle Pologne, qui avait écopé de deux ans de prison avec sursis, est morte à 99 ans, avait annoncé la justice début avril.