Dès sa sortie de prison, Diana Loguinova a quitté la Russie. L’étudiante en musique de 18 ans, connue sous le nom de scène Naoko, avait été arrêtée en octobre et condamnée successivement à trois courtes peines de prison pour avoir interprété dans les rues de Saint-Pétersbourg des chansons pacifistes et des musiques d’artistes considérés comme indésirables par les autorités russes. Une source proche du dossier a indiqué à l’AFP que la jeune femme était sortie du territoire russe, confirmant les informations de médias russes qui affirmaient qu’elle était sortie de prison et avait immédiatement quitté le pays.

Les vidéos de ses performances avec son groupe «StopTime» dans les rues de Saint-Pétersbourg étaient devenues virales sur les réseaux sociaux, valant aux jeunes musiciens les foudres des autorités dans un contexte de répression de toute critique envers le conflit en Ukraine.

Diana Loguinova s’est retrouvée entraînée dans ce que les défenseurs des droits humains du pays appellent «le carrousel», lorsque les accusés font face à des accusations mineures et à de courtes peines d’emprisonnement à la chaîne qui les voient constamment retourner en détention, une pratique destinée à effrayer et décourager les militants.

Elle a ainsi été tour à tour emprisonnée pour «troubles à l’ordre public», «discrédit» de l’armée russe et pour avoir organisé un «rassemblement de masse» sans autorisation. Certains de ses soutiens craignaient qu’elle ne soit gardée en détention et que le parquet ne construise un dossier d’accusation bien plus sévère à son encontre.

L’arrestation des membres du groupe a créé une vague de solidarité sur TikTok et chez les musiciens de rue russes, pris eux aussi dans les mailles de la répression. Des milliers de personnes ont été arrêtées dans le cadre de la répression de toute critique envers l’offensive russe en Ukraine, certains écopant de lourdes peines de prison.