Par
Nicolas Zaugra
Publié le
25 nov. 2025 à 13h48
Il est un peu plus de 21h ce lundi soir quand Ouaihid Ben Faïza, un narcotrafiquant considéré comme l’un des 100 détenus les plus dangereux de France, se présente seul à la grille d’entrée de la prison de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. Il est filmé par les caméras de plusieurs chaînes de télévision. On y voit l’homme condamné jusqu’en 2029 pour trafic de drogue sonner et faire des signes pour entrer. Les agents mettent quelques minutes à le faire entrer. Son train a eu du retard mais il a bien regagné sa cellule « sans incident ». Le détenu qui est incarcéré dans le nouveau quartier de haute sécurité de cette prison avait obtenu une autorisation de sortie, qui a fait polémique, pour un « entretien professionnel » en banlieue lyonnaise. Venu en TGV à Lyon lundi, il avait rendez-vous dans une entreprise de Vaulx-en-Velin dans la métropole pour y rencontrer son futur employeur.
Une entreprise de Vaulx-en-Velin fait une promesse d’embauche
Le détenu est revenu en prison avec un document très important : une promesse d’embauche au sein de l’entreprise Hydroquip, à Vaulx-en-Velin, « spécialisée en flexibles et composants hydrauliques », précise le dossier du détenu révélé par Le Figaro.
L’entreprise contactée par actu Lyon n’a pas encore donné suite à nos sollicitations pour expliquer la démarche de promesse d’embauche faite à Ouaihid Ben Faïza.
Des sources syndicales et judiciaires s’interrogeaient sur le choix de la région lyonnaise pour trouver un emploi puisque Hydroquip se situe loin des bases de la famille Ben Faïza, originaire de Seine-Saint-Denis et de La Courneuve en région parisienne.
Les commentaires Google de l’entreprise s’en mêlent
Le choix de faire passer un entretien d’embauche au détenu est en tout cas en train de se manifester dans les commentaires Google de l’entreprise, entre les personnes opposées qui dégradent la note et ceux qui affichent leur soutien.
« Très bonne entreprise, tout le monde est compétent. La note générale est malheureusement faussée par la polémique sur un entretien d’embauche d’un détenu. Au contraire on devrait encourager les entreprises héroïques comme celle-ci à favoriser l’intégration des anciens détenus », écrit un internaute avec la note de 5/5 qui dénonce « des rageux frustrés extrême droite ont du mal à digérer ».
« Ca va ? Vous la vivez bien votre politique de recrutement ? », s’agace un autre en mettant 1/5. Un autre ajoute avec des smileys de colère : « Très très bizarre cette promesse d’embauche!!!!!!! ». « C’est de vous la promesse d’embauche de Ouaihid Ben Faïza ? », s’interroge un autre avec la pire note possible.
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« Un comportement exemplaire », défend son avocate
L’avocate du détenu Marie Violleau dit sur Franceinfo qu’elle « comprend » que cette permission de sortie « choque », mais « la situation est complexe », a-t-elle souligné. « On ne peut pas faire d’amalgame » et « comparer » les détenus « qui commanditent des assassinats du fond de leur cellule à Marseille » à son client, a-t-elle défendu. « En fait, ils n’ont pas le même âge, ils n’ont pas le même profil. »
Elle explique que son client « a été condamné, il y a une quinzaine d’années, ne fait absolument plus parler de lui depuis des années, a un comportement exemplaire, et a absolument toutes les cases de l’admissibilité à un aménagement de peine », a-t-elle listé.
Une possible libération anticipée grâce à cet emploi
Cette promesse d’embauche d’une société de Vaulx-en-Velin lui permettrait en effet de sortir plus tôt d’un quartier de haute sécurité tout en travaillant mais en respectant des règles strictes en poursuivant sa peine. « En France, on a la possibilité d’anticiper une sortie » et cette permission « est formidable pour tout le monde » puisqu’elle permet « d’envisager une libération anticipée, contrôlée et maîtrisée par l’autorité judiciaire plutôt qu’une sortie sèche », a défendu Marie Violleau.
Sa permission de sortir avait été accordée par un juge d’application des peines malgré un avis défavorable du parquet de Béthune, et confirmée par la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai.
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