À Nice, le nom du parvis de l’Hôtel des polices fait débat : faut-il le nommer « Parvis Nicolas Sarkozy », comme le propose le maire sortant et candidat à sa réélection Christian Estrosi ? Auprès de Nice-Matin, le PCF des Alpes-Maritimes, qui soutient la liste portée par l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, estime que plusieurs autres espaces de la ville doivent être renommés et propose des alternatives « pour une toponymie digne des valeurs républicaines ».
Le secrétaire départemental du parti, Julien Picot, qui sera candidat en mars prochain sur la liste d’union de la gauche, déplore que certains noms de rues « rappellent la répression, la collaboration ou la corruption ».
« La mémoire d’une ville s’écrit aussi dans le nom de ses rues. Ils racontent ce que nous choisissons d’honorer : liberté ou autoritarisme, justice ou compromission », assure-t-il.
« Une exigence de dignité et de fidélité aux valeurs républicaines »
Auprès du journal local, le communiste cite quelques exemples, comme l’avenue Thiers, « qui rappelle le bourreau des Communards, pourrait devenir avenue Louise-Michel, hommage à une femme libre et engagée ». Même sort pour l’avenue Jean-Médecin, ancien maire de la ville qui avait voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain en 1940 et lié à l’implantation du parti de Jacques Doriot dans le département des Alpes-Maritimes. « Elle pourrait être rebaptisée avenue de la Victoire contre le nazisme ».
Le communiste veut aussi toucher à l’histoire politique plus récente et propose de renommer l’allée Charles-Pasqua, « un homme également condamné », en « allée Malik-Oussekine, en mémoire du jeune homme victime de violences policières » en 1986 à Paris.
« Ces propositions ne relèvent pas de la polémique, mais d’une exigence de dignité et de fidélité aux valeurs républicaines, assure Julien Picot. Elles traduisent une volonté claire : que Nice rende hommage à celles et ceux qui ont combattu pour la liberté, la justice sociale et la paix. »
En mars, le PCF sera représenté sur la liste de l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, également soutenue par le Parti socialiste. Aucun sondage récent n’a été réalisé sur le scrutin municipal niçois. Mais la tâche s’annonce difficile pour l’union de la gauche : en 2020, Christian Estrosi était arrivé largement en tête du premier tour avec 47,62 % des voix, suivi par le RN Philippe Vardon (16,69 %). La gauche, divisée en trois listes, cumulait, elle, 26,77 % des voix.