L’hiver arrive. Et la grippe pourrait bien le devancer. Une reprise épidémique précoce dans plusieurs pays de l’hémisphère Nord laisse craindre aux autorités sanitaires une arrivée du virus plus tôt qu’à l’accoutumée, et en fanfare dans l’Hexagone. «Les cas de grippe sont détectés beaucoup plus tôt que d’habitude cette année, ce qui signifie que le temps presse. Si vous êtes éligible à la vaccination, n’attendez pas», exhorte Edoardo Colzani, responsable des virus respiratoires au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, l’agence spécialisée sur le suivi des épidémies, vendredi 21 novembre. Même inquiétude au Royaume-Uni, qui «pourrait connaître l’une des pires saisons grippales de son histoire», craint Conor Meehan, professeur en bio-informatique et spécialiste en épidémiologie à l’Université Nottingham Trent, dans une tribune publiée dans The Conversation.

La grippe est transmise par un virus qui circule dans le monde entier pendant les mois froids. En juillet et août, il est davantage présent dans l’hémisphère Sud et en janvier ou février plutôt dans l’hémisphère Nord. Cette année, l’Australie a connu une épidémie dure, avec 441 000 cas confirmés contre 363 000 en 2024. Au Japon et au Royaume-Uni, notamment, le virus a commencé à circuler particulièrement tôt, dès septembre ou octobre. La France est pour le moment épargnée. Au 19 novembre, en métropole, Santé publique France notait juste «un début de circulation des virus grippaux»