La mobilisation a été importante. L’écho médiatique aussi. Le cas de la petite école Clôteaux, à Rennes, s’est même invité au menu du ministre de l’Education nationale la semaine dernière. C’est dans cet établissement qu’un professeur a été menacé de mort par les parents d’une enfant qui refusait que leur fille ait un enseignant de sexe masculin.

Depuis les faits, survenus le 10 octobre, le directeur de la maternelle est en arrêt. Mobilisés derrière lui, les enseignants de Clôteaux étaient tous en grève vendredi, avec l’espoir que leur unique revendication aboutisse : que cette famille change d’école. Mais lundi, la situation n’avait absolument pas bougé dans ce petit groupe scolaire du quartier Bréquigny.

D’après nos informations, les enfants du couple étaient bien présents à l’école lundi malgré les demandes répétées des enseignants grévistes et des syndicats. « J’ai le sentiment qu’on ne peut plus travailler avec eux. Le lien a été rompu. Ce n’est plus possible », nous expliquait vendredi un enseignant de l’école. Le problème, c’est que la famille compte trois enfants scolarisés à Clôteaux, ce qui semble ralentir les discussions. Selon une source proche du dossier, la famille n’avait toujours pas donné son accord à un changement d’école, malgré la promesse du directeur académique de trouver une solution « dans les jours qui viennent. »

Un rappel du cadre légal… Et ensuite ?

Sollicitée, l’académie de Rennes explique que « plusieurs scénarios sont à l’étude ». Elle ajoute : « la scolarisation de l’élève reste notre préoccupation ». A la veille de la grève et à la suite de la médiatisation de ces menaces, la direction académique avait rencontré la famille et tenté une médiation en présence d’une conseillère « Valeurs de la République ». Un rappel du cadre légal avait été effectué mais sans parvenir à une solution commune. Le règlement prévoit bien qu’un enfant puisse changer d’école en cas de litige. Mais pas quand ce sont ses parents qui posent problème.

La famille qui a menacé de mort un enseignant de l'école Clôteaux, à Rennes, est toujours scolarisée dans l'établissement scolaire. La famille qui a menacé de mort un enseignant de l’école Clôteaux, à Rennes, est toujours scolarisée dans l’établissement scolaire.  - C. Allain/20 Minutes

Comme dit plus haut, le directeur de la maternelle est toujours en arrêt de travail et fait « l’objet d’un suivi attentif de la part des services académiques », selon le rectorat. Depuis cette altercation, l’équipe enseignante est bouleversée et n’avait « pas goût à faire son travail », nous confiait l’une d’elles. « Malheureusement, ce n’est pas un fait isolé. Ça arrive trop souvent et tous les collègues le disent », regrettait une autre enseignant de maternelle. Le rectorat, comme l’enseignant visé, a porté plainte. La mobilisation n’est pas éteinte.