L’avocate Nadia El Bouroumi va comparaître ce mercredi 26 novembre, dès 8 h 30, devant le conseil régional de discipline de la cour d’appel de Nîmes. (Photo prise sur son compte Instagram le 14 septembre 2024)
Pendant le procès des viols de Mazan, elle ne ménageait pas la victime, Gisèle Pelicot, que ce soit dans l’enceinte du tribunal d’Avignon ou sur ses réseaux sociaux. L’avocate Nadia El Bouroumi va comparaître ce mercredi 26 novembre, dès 8 h 30, devant le conseil régional de discipline de la cour d’appel de Nîmes, a appris Le Parisien.
Franceinfo, qui a eu la confirmation de cette information par l’intermédiaire de l’une de ses avocates, précise que Nadia El Bouroumi comparaîtra pour des « manquements à la modération et à la délicatesse. »
L’avocate, qui représentait deux des 51 accusés de viol sur Gisèle Pelicot, avait par exemple lancé le 18 septembre 2024 devant la cour criminelle du Vaucluse : « quand on reçoit des photos comme celles-là, on peut se dire que c’est une femme qui aime les jeux sexuels », alors que ce jour-là, 27 clichés intimes de Gisèle Pelicot avaient été diffusés.
Questionnements sur la liberté d’expression et les règles de déontologie
Sur son compte Instagram, l’avocate avait ensuite « débriefé » la scène avec ses followers. « Elle [Gisèle Pelicot] s’est mise en colère, moi j’ai pris le micro en disant que c’était elle qui avait souhaité que ce soit public et que maintenant il ne s’agissait pas de se plaindre », avait-elle ainsi commenté pour ses 52 000 abonnés.
Dans une autre vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, elle dansait au son de Wake me up, before you go go (« Réveille-moi avant de partir »), alors que Gisèle Pelicot était droguée par son ex-mari Dominique Pelicot pour la faire violer par des inconnus.
Nadia El Bouroumi avait expliqué qu’elle ne voyait pas en quoi la diffusion de ces vidéos « choquait », avait-elle expliqué sur BFMTV, le 20 septembre 2024.
Ses déclarations avaient entraîné une levée de boucliers, certains demandant que le conseil de l’ordre des avocats se saisisse de son cas. Le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Avignon, où elle exerce, avait lancé une procédure, en visant deux vidéos.
Devant le conseil de discipline, « la liberté d’expression et les règles de déontologie qui s’imposent aux avocats » seront discutés et questionnés, rapporte franceinfo.
En mai, Nadia El Bouroumi avait déjà été sanctionnée à un an de suspension avec sursis pour avoir « contrevenu aux règles déontologiques de la profession d’avocat en étant actionnaire majoritaire d’une société commerciale dispensant des prestations de coaching », rapporte Le Parisien. L’avocate avait fait appel.