Par
Fabien Massin
Publié le
26 nov. 2025 à 12h02
Derrière l’interpellation pour refus d’obtempérer et possession de produits stupéfiants, la découverte de la participation à un trafic de drogue plus large. Pour ces faits commis il y a quelques jours, un homme de 28 ans était jugé par le tribunal de Rouen (Seine-Maritime), lundi 24 novembre 2025.
Il fonce droit sur les policiers
Jeudi 20 novembre 2025 en début d’après-midi à Rouen, un homme est aperçu en train de rouler sur une voie de Teor, rue du Général-Giraud, au guidon d’une trottinette manifestement trafiquée. Des policiers municipaux tentent de le contrôler mais le conducteur refuse de s’arrêter.
Une patrouille de la police nationale passant par là met son véhicule en travers de la route pour le stopper, mais celui-ci fonce droit sur les forces de l’ordre, et chute. Interpellé, il est placé en garde à vue. Sur lui, on trouve de la résine de cannabis et des pilules d’ecstasy.
Mais la perquisition effectuée chez lui sera révélatrice de faits de plus grande ampleur. En effet, dans son appartement rouennais, on trouve quantité de résine de cannabis, de cocaïne et diverses drogues de synthèse, ainsi que 2283 euros en espèces. Valeur de la marchandise estimée par les policiers : plus de 21 000 euros.
Devant le tribunal, Laurent* explique que depuis son arrivée à Rouen au début de l’année 2025 — il vivait auparavant en région parisienne —, il joue le rôle de nourrice dans un trafic de drogue. C’est-à-dire qu’il stocke des produits chez lui, moyennant finances, tout en ayant le droit de consommer un peu des produits gardés, Laurent étant lui-même un grand consommateur de cannabis.
Une nourrice dans un trafic de drogue
« Je ne savais pas quelle quantité exacte de drogue on avait mise chez moi », déclare-t-il devant le tribunal. Et le président de lui faire remarquer : « Vous vous rendez compte du risque, on va vous redemander l’argent et les stupéfiants, qu’allez-vous faire ? »
« Je vais quitter la région je pense », répond alors Laurent, tout en assurant vouloir prendre à bras-le-corps son problème d’addiction : « Je souhaite arrêter [de consommer], j’ai conscience que c’est ça qui m’a amené devant vous. »
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À propos du refus d’obtempérer, il reconnaît avoir fui celui de la police municipale, mais nie toute volonté de violence contre la police nationale. « Ma trottinette était trafiquée, les freins ne fonctionnaient plus », explique-t-il.
« On voit qu’on a affaire à un trafic d’une certaine ampleur »
Dans son réquisitoire, le procureur de la République souligne : « Concernant la drogue, au vu des quantités, on voit qu’on a affaire à un trafic d’une certaine ampleur, qui dure depuis plusieurs mois. »
Du côté de la défense, son avocate estime : « Sur les stupéfiants, il y a d’autres personnes derrière, il est seul à être poursuivi, il a coopéré lors de la perquisition. C’est avant tout une personne qui souffre d’addiction. »
Au final, pour les refus d’obtempérer et pour la détention de quantités importantes de drogues, le tribunal l’a condamné à une peine de 10 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soins.
*Le prénom a été modifié
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