Par
Jean-Marc Aubert
Publié le
26 nov. 2025 à 16h25
; mis à jour le 26 nov. 2025 à 17h58
Le GSRI pour Groupement de Sûreté Résidentielle Interbailleurs, un Groupement d’intérêt économique -GIE- crée en novembre 2023, né de la volonté politique de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole porte haut un message qui résume son engagement : la tranquillité résidentielle. Quelque quarante agents, bientôt cinquante, triés sur le volet s’avèrent être les anges gardiens futuristes des locataires, des co-propriétaires et des bailleurs, après la quasi disparition des concierges, qui garantissent la sécurité via l’écoute, la sérénité et les interventions dans une cinquantaine de sites à Montpellier et désormais à Sète. Le budget annuel de fonctionnement s’élève à 3M€.
« Le groupement compte sept bailleurs sociaux, ACM Habitat, FDI Habitat, CDC Habitat social, Erilia, SFHE, Sète Thau Habitat Social et Promologis et oeuvre dans des quartiers, à Montpellier sur une partie du Petit Bard, à la Mosson, dans l’Écusson, à Port Marianne, à Aiguelongue, dont Montasinos, La Croix d’Argent, Juvignac et à Sète, l’Île de Thau, avec une présence régulière jour et nuit, avec dès janvier prochain, deux passages par jour et par nuit », explique ce mercredi 26 novembre 2025, Steve Lefebvre, directeur général qui a notamment fait carrière dans la police nationale. Un atout pour ce meneur de femmes et d’hommes -40 agents âgés entre 25 et 45 ans, des ex-militaires, des anciens adjoints de sécurité en police ou en gendarmerie- dont deux maîtres-chiens, dans ces missions quotidiennes, plébiscitées par les résidents : à Montpellier, comme à Sète, 85% des bailleurs partenaires se disent satisfaits ou très satisfaits de l’action du GSRI. C’est la meilleure preuve de remerciement et d’encouragement pour ces agents de terrain.
« L’activité repose sur plusieurs types de rondes et d’intervention qui se complètent pour couvrir au mieux les besoins des résidences, avec comme objectifs prévenir les troubles, les occupations illicites des halls d’immeubles et des parties communes, des box, lutter contre les dégradations, les trafics, répondre à des situations déjà identifiées et accompagner les bailleurs dans la gestion des sites les plus sensibles. Les rondes sont générales, ciblées ou partenaires. Le GSRI intervient toujours avec quatre véhicules et seize agents. Nos agents ne sont pas là pour faire du maintien de l’ordre, mais pour garantir aux habitants un cadre de vie apaisé et assurer leur sérénité, dans le cadre d’une étroite collaboration avec les forces de l’ordre, la police nationale, la police municipale, la gendarmerie et les bailleurs sociaux », ajoute t-il, au siège discret et sécurisé implanté entre Celleneuve et Pierrevives.

Le directeur général du GSRI Steve Lefebvre devant des produits et objets illicites saisis (©Métropolitain / JMA)Un agent légèrement blessé et menacé de mort
Dans des cités gangrénées par le trafic de drogue, les guetteurs très occupés déjà à signaler l’arrivée de policiers doivent désormais ouvrir l’oeil quand le GSRI débarque dans leurs véhicules sérigraphiés au niveau des points de deal, comme dans le square Rosa Parks, à Montasinos. Et c’est dans ce secteur d’Aiguelongue que les dealers qui n’aiment pas être dérangés dans leur business emploient quelquefois la manière forte, comme le week-end dernier où un narcotrafiquant vingtenaire a légèrement blessé un agent, après avoir proféré des menaces de mort réitérées. Il s’est retrouvé en garde à vue au commissariat central. Ce n’est pas la première procédure du genre, avec un dépôt de plainte systématique contre les auteurs.
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Les pertes sèches de produits de stupéfiants -c’est à dire sans auteur identifié- sont de plus en plus nombreuses dans des caches recelant du cannabis, de la cocaïne, de l’ecstasy, de la 3MDM et désormais du crack, sans parler d’armes diverses et sans oublier les bonbonnes de protoxyde d’azote, le « proto » qui procure le gaz hilarant très dangereux pour la santé et, pour l’heure, indétectable lors de contrôles d’utilisateurs. Un container sur le site du GSRI contient 200 bouteilles vides de « proto ». En deux ans, 494 produits et objets illégaux ont ainsi été saisis, c’est dire si leurs confiscations passent mal chez les trafiquants.
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Des petits tubes et autres pochons utilisés pour vendre la drogue saisis (©Métropolitain / JMA))
Dans un parc d’une résidence à Montpellier, les agents ont ainsi récupéré 55 sachets de drogue et quelques milliers d’euros, évitant ainsi à des enfants qui jouaient de tomber dans le piège de petites pochettes colorées style Pokémon remplies de cocaïne. D’ailleurs, l’un d’eux a avalé quelques grammes de cette drogue dure, avec trois jours d’hospitalisation à la clé. À cause de cette poudre blanche abandonnée dans un square, les « marchands de mort » ont failli empoisonner ce garçonnet. « Le GSRI s’adapte en permanence aux ruses et aux manoeuvres des narcotrafiquants redoublant d’ingéniosité pour dissimuler la drogue et l’argent, par exemple sous des ascenseurs » assure Steve Lefebvre.
Un phénomène a tendance à se développer : les travaux de mécanique sauvage dans les box des parkings souterrains de certaines résidences où ce trafic prospère, des locataires menacés et apeurés préférant ne plus garer leurs véhicules. Les rondes sont intensifiées du coup pour déloger ces rouleurs de mécanique qui font une concurrence déloyale aux garagistes. « Nous ne sommes pas dupes de leurs manoeuvres, ce petit jeu à ses limites, celles des résidences. Au-delà, c’est du ressort des polices nationales et municipales » prévient Steve Lefebvre.
Un dispositif dédié aux locataires
Aller plus loin encore, tel est le projet ou plutôt les projets du Groupement de Sûreté Résidentielle Interbailleurs dès 2026 : la mise en place d’un dispositif d’appel dédié aux locataires pour créer un lien direct entre les habitants et les équipes, afin de signaler plus facilement un incident ou un trouble du voisinage, garantissant une intervention rapide et efficace. Une sorte de bouton rouge qui équipe désormais le tramway. La salle de commandement sera développée, des antennes créées renforçant leur ancrage au plus près des résidences. Et le 16 janvier prochain sera célébrée la cérémonie d’anniversaire.
En septembre dernier, le GSRI était présent au Salon des maires à Béziers. Tiens, Robert Ménard va t-il s’inspirer de ce GIE ? On ne le sait pas, mais en revanche, l’exemple du GSRI de Montpellier ouvre des appétits auprès de maires du département, comme Lunel, de la région Occitanie, mais pas que : une grande ville de l’Est du pays s’intéresse de près au bilan du GSRI, avec parmi les chiffres clés ces 2 164 individus évincés en deux a-ns pour troubles du voisinage. Michel Delafosse, son adjoint à la sécurité, Sébastien Cote et Michel Calvo président d’ACM Habitat ont prévenu : zéro impunité pour les trublions dans les cités, avec également des expulsions de familles.

Un gilet pare-balles nouvelle génération de 5kg à porter, avec le casque de protection pour éviter d’être blessé par des projectiles (©Métropolitain / JMA))6 632 rondes diverses
Ces anges gardiens qui portent un gilet pare-balles de 5kg sur le terrain et dans les escaliers des résidences, en cas avec un casque pour éviter d’être blessés par des jets de projectiles assurent une mission de proximité payante au vu du bilan affiché depuis fin 2023, comme les 6 632 rondes diverses réalisées et 19 opérations conjointes avec la police nationale, municipale et les gendarmes de la compagnie de Castelnau-le-Lez. « La sécurité, c’est l’affaire de tout le monde et cela devrait même être une cause nationale », analyse le directeur général du GSRI, dont le leitmotiv est « la tranquillité résidentielle nous rassemble ». Ce mercredi, une équipe de ces anges gardiens futuristes a de nouveau sillonné des cités sensibles, avec les yeux rivés vers les points de deal. Une routine bien installée qui ne dérange pas les honnêtes résidents.
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