Un fléau qui touche toutes les prisons de France, mais particulièrement la maison d’arrêt de Nice (Alpes-Maritimes). Situé en plein centre-ville, l’établissement pénitentiaire subit au quotidien des jets de colis et paquets destinés aux détenus par-dessus son mur d’enceinte, rapporte  France 3 Provence-Alpes-Côte-d’Azur .

Le syndicat Ufap-Unsa Justice a récemment tiré la sonnette d’alarme sur la situation en partageant des photos des lieux. On y voit les filets anti-projections ployant sous le poids des colis jetés depuis l’extérieur et bloqués par le dispositif. « Les projections […] sont si pesantes qu’il va céder », s’inquiète le secrétaire local du syndicat, Nordine Souab, auprès de  Nice-Matin .

Des nuisances pour les agents comme pour les voisins

Les colis contiennent des téléphones, des cigarettes, du cannabis, de l’alcool, de la viande, des bonbons et même des lames pour scier les barreaux. Début novembre, un couteau avec une lame de 12 cm a ainsi été retrouvé dans un paquet.

Le syndicat pénitentiaire dénonce une pratique « infernale » qui dégrade les conditions de travail des agents. « Cela peut créer de la tension supplémentaire, explique Nordine Souab. Cela nous ajoute du stress et des risques supplémentaires dans ce travail qui est déjà compliqué. »

Une meilleure sécurité demandée par les agents pénitentiaires

Des détenus arrivent parfois à récupérer certains colis, ce qui augmente le nombre de fouilles de cellules nécessaires pour assurer la sécurité dans la prison qui accueille 630 détenus (soit une surpopulation de 200 %). Le syndicat demande un renforcement du système de sécurité, notamment par le décalage du grillage qui permettrait de bloquer plus de colis lancés.

Gérald Darmanin a récemment annoncé un investissement de 29 millions d’euros pour renforcer la sécurité dans les plus gros établissements pénitentiaires et atteindre l’objectif « zéro portable en prison ». Des dispositifs anti-drones vont notamment être installés afin de limiter la présence de smartphones et les activités criminelles depuis l’intérieur des prisons, précise Nice-Matin.