Patrick avait 22 ans, en 1986, quand il a rejoint l’Allemagne pour effectuer son service militaire. Une année exigeante, mais riche. L’annonce d’un potentiel retour du service militaire ne le choque pas.
L’histoire remonte à 1986, un bail comme dirait l’autre, mais Patrick en conserve un souvenir toujours frais. Le sexagénaire chaumontais a été appelé en Allemagne, du côté d’Offenburg, pour son service militaire, pendant dix mois. « Juste avant, j’avais fait mes deux mois de classe à Baden-Baden, comme beaucoup de Haut-Marnais à l’époque », raconte-t-il. La perspective d’un retour d’un service militaire en France, près de trente ans après sa suspension, ne le choque pas. « Elle ne me paraît pas farfelue, même si je pense que, sur la base du volontariat, il attirera les mêmes qu’aujourd’hui, en l’occurrence ceux qui veulent s’engager dans cette voie », confie-t-il.
A l’époque, son service militaire à lui était obligatoire. « Formateur pour certains, inutile voire préjudiciable pour d’autres », il reste une expérience très riche. « Tout n’a pas été très intéressant, mais avec le recul, je me rends compte que cette période a apporté du cadre, de la rigueur et du respect », insiste-t-il. « Ceci ne gâcherait rien aujourd’hui ».
Adversité, obéissance et développement des compétences
Il évoque alors ces manœuvres, dans la nuit ou le froid, dans la « petite Sibérie, au fin fond de l’Allemagne, tous gelés à trois heures du matin ». « On a appris l’adversité, l’obéissance aussi », estime-t-il. Les classes passées, la vie a alors été plus facile. D’abord chauffeur, puis opérateur au bureau des permissions, il est finalement envoyé à Offenburg, dans un atelier d’imprimerie, avec des civils. Patrick est du secteur, mais enrichit ses connaissances, développe de nouvelles compétences, apprend des métiers inconnus.
« J’ai fait de la photocomposition. On réalisait des cartes topographiques. J’ai appris à gérer les stocks, le magasin et le papier. En livrant les commandes, j’ai visité l’Allemagne et vu le mur de Berlin, encore debout », se souvient-il.
Il a aussi visité les gares, des jours et des nuits durant quand, en partance de Chaumont à 18 h, il arrivait le lendemain, quelques minutes avant la levée des couleurs, « le paquetage à peine posé et une toilette rapide effectuée ». A l’ancienne, un peu à la dure aussi. « Peut-être après tout que ça ne fait pas de mal », conclut-il.
D. C.