Antonio Ferrara, bien connu de la justice en France où il a été plusieurs fois condamné, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec l’obligation d’avoir une résidence à Bruxelles, a précisé à l’AFP Me Olivier Martins.

Il a accepté de verser une caution de 30.000 euros, selon la même source.

Antonio Ferrara était incarcéré dans une prison belge depuis son arrestation le 27 février à Eupen, non loin de la frontière allemande.

Ce jour-là, des enquêteurs français et belges avaient réussi à déjouer, peu avant le passage à l’acte, un braquage à main armée programmé par un groupe de malfaiteurs aguerris, à Bochum (Allemagne), dans un lieu où les banques entreposent billets, bijoux et autres valeurs.

Une libération ordonnée le 3 novembre dernier

Outre Antonio Ferrara, neuf autres suspects, dont des figures du grand banditisme en région parisienne, ont été arrêtés et incarcérés. La cour d’appel de Bruxelles doit se prononcer vendredi sur leur possible remise en liberté sous surveillance électronique.

Le 3 novembre, la cour d’appel de Bruxelles avait ordonné la libération sous caution d’Antonio Ferrara, mais il a fallu plusieurs jours pour que celle-ci soit effective, notamment en raison de l’émission d’un mandat d’arrêt européen par le parquet de Paris.

En effet, Antonio Ferrara est toujours dans le collimateur de la justice française pour les actes préparatoires au projet d’attaque à Bochum, dans le cadre d’une enquête pour « association de malfaiteurs », selon une source judiciaire française.

« La procédure française demeure tant qu’il n’y a pas de décision définitive de la justice belge », a dit cette source à l’AFP.

Antonio Ferrara a toutefois pu quitter sa prison belge il y a deux semaines quand une juge d’instruction de Tournai, saisie du contentieux du mandat d’arrêt européen, a confirmé la remise en liberté sous conditions.

Né en octobre 1973 dans le sud de l’Italie, installé avec sa famille en région parisienne, Antonio Ferrara a été condamné en France pour des braquages et une tentative de meurtre, ainsi que pour deux évasions de prison, ce qui lui vaut le surnom de « roi de la belle ».

Il avait été libéré en juillet 2022 après avoir purgé sa peine. Dans ce dossier belge, où il fait figure de suspect principal, un procès pourrait se tenir à Bruxelles en 2026.

Quant à la procédure du mandat d’arrêt émis par Paris, elle reste pendante devant la justice belge et risque de durer plusieurs mois puisque l’intéressé s’oppose à sa remise à la France, selon son avocat.