« On réceptionne à 90% des bijoux en or de 14 à 21 carats. Des bagues et des parures comoriennes de mariage, offertes pour servir d’aide financière en cas de besoin », comptabilise Frédéric Pin, directeur des ventes et des prêts sur gages au Crédit municipal de Marseille depuis vingt-cinq ans. Parmi les trésors gardés dans le coffre, 5 à 7% des biens non réclamés sont vendus aux enchères. Un sac Louis Vuitton, plusieurs Rolex, des bijoux et des objets d’art seront mis à prix « hors les murs » à l’Hippodrome Borély, vendredi 5 décembre à 14 h. Les excédents de la vente (hors frais et intérêts) seront reversés aux bénéficiaires des biens qui n’ont pas voulu ou pu les récupérer.
Plus communément surnommée « chez ma tante », « le clou » ou encore « mont-de-piété » depuis plus de trois siècles, cette institution indépendante spécialisée dans le prêt sur gage et le microcrédit permet à plus de 16 000 travailleurs à petits salaires (temps partiels, intermittents, retraités…) de confier temporairement leurs biens de valeur contre un prêt en argent liquide pour des petits projets personnels ou un investissement, à un taux d’intérêt d’environ 4%.
De l’or contre de l’argent liquide en un temps record
93% des usurières sont des femmes, souvent mères de jeunes enfants, âgées d’une quarantaine d’années en moyenne. Sans condition de ressources financières, avec pour seul prérequis d’être français ou résident français, il leur est possible d’échanger des biens de valeur contre leur pendant monétaire, sans justification, jusqu’à 5 000 euros. « J’ai demandé conseil à ma grand-mère pour échanger mon or contre de l’argent liquide rapidement », révèle Emma* « et j’ai atterri rue Saint-Bazile ». Installée sur l’un des quatre bancs de la salle d’attente, la jeune femme de 23 ans a franchi la porte du Crédit municipal pour la première fois ce matin. « J’ai déposé mes bijoux de mariage, une parure et ma bague de fiançailles, contre l’équivalent de 1 000 euros, pour acheter une nouvelle voiture », retrace-t-elle, avant de préciser qu’elle se le permet uniquement car « j’ai les moyens de le rembourser rapidement, dès que mon mari touchera sa paie ». À l’image Emma*, 500 prêts sur gages sont réalisés par semaine, permettant à « 50 000 personnes de vivre mieux », estime la direction.
Toucher un large public
Benoît de Rosamel, directeur général et Christelle Gerlier, directrice générale déléguée. / Photo Anouk BESNIER
À rebours des systèmes bancaires classiques, l’objectif principal du Crédit municipal de Marseille est « d’accompagner encore plus les gens qui se battent pour assurer le quotidien de leurs enfants », appuie Benoît de Rosamel, directeur général, aux manettes depuis un an. À côté du prêt sur gage, l’ex-banquier rappelle l’existence du microcrédit que les gens « ne connaissent pas et qui est bien plus simple qu’un crédit à la consommation ». Destiné à celles et ceux qui n’ont pas accès aux emprunts bancaires, il a permis, sans frais et à taux réduit, par exemple, à « une femme victime de violences conjugales, d’emprunter 8 000 euros sur 84 mois, soit 7 ans, afin de passer son permis, acheter une voiture et suivre une nouvelle formation professionnelle ».
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