Furieux de voir son bien dégradé, le propriétaire d’un gîte a vu rouge et agressé physiquement ses jeunes locataires.
Ce lundi à Nice, tous se sont retrouvés face à face, devant le tribunal correctionnel.
D’un côté, neuf étudiants en école de commerce, obligés de rester debout près du banc trop étroit des parties civiles.
De l’autre, leur hôte devenu leur agresseur, présenté dans le box des détenus.
Ce quadragénaire répond de violences sur tous ces jeunes, avec ITT (incapacité totale de travail) allant de quelques heures à trois jours sur six d’entre eux. Et menaces de mort.
La scène se passe jeudi dernier, au lendemain d’une soirée bien arrosée. Le groupe d’étudiants a loué plusieurs habitations du gîte. Au petit matin, le propriétaire découvre des dégradations, dont l’étendue fait débat.
« Tout était cassé à l’extérieur. Des murs en pierre sèche centenaires ! Il y avait de l’urine, du vomi… », énumère l’intéressé. Pour ses jeunes clients, seule la vitre du four aurait été cassée. Mais là n’est pas le cœur du problème.
« Pas du tout un danger pour la clientèle »
Ce spectacle a suscité chez le propriétaire un accès de « colère exacerbée », dixit la présidente du tribunal, Isabelle Demarbaix-Joando.
Le quadragénaire est rentré dans les habitations et a porté des coups à certains occupants.
Il aurait même brandi une hachette et lancé : « Je vais sortir le [calibre] 12 ! Je vous vous tuer ! Je vais sortir mon fusil, je vais tous vous fusiller ! » Les gendarmes de la brigade de Contes sont venus l’interpeller.
L’intéressé conteste s’être servi de la hachette pour menacer les jeunes. Il s’en était muni pour « couper du petit bois », assure-t-il.
Pour autant, il « regrette énormément. J’ai pris conscience ensuite du choc que ça leur a causé. » Il s’adresse aux victimes : « Je souhaiterais m’excuser auprès des jeunes femmes et de certains jeunes hommes. Je pensais qu’on allait pouvoir s’asseoir et discuter. Je n’aurais pas dû agir comme ça… »
Me Victoria Leclerc, l’avocate de la défense, plaide l’accident de parcours d’un père de famille inconnu de la justice, « pas du tout un danger pour la clientèle du domaine. Les faits sont circonscrits ».
Ils seront jugés ultérieurement.
En attendant, un contrôle judiciaire strict suffit, estiment la procureure Orihuela comme la défense.
La présidente le rappelle néanmoins : « On ne peut pas se faire justice à soi-même ! »