Par

Marie Lamarque

Publié le

27 nov. 2025 à 7h16

Après un lancement en septembre 2023, les résultats de l’étude de l’impact de l’aéroport de Toulouse-Blagnac étaient grandement attendus, en particulier par ceux qui souffrent des nuisances provoquées par le trafic aérien. L’enjeu est important, car à la suite de cette étude, la préfecture devait statuer sur une réglementation pour encadrer les vols de nuit. Ce mercredi 26 novembre 2025, le préfet, Pierre-André Durand, annonce que le scénario retenu prévoit des mesures moins sévères que ce qui avait été annoncé l’an dernier. Explications.

441 vols à l’arrivée et 297 départs supprimés

En plus de limiter les nuisances, ces mesures ne doivent pas pénaliser l’activité économique ni les déplacements des voyageurs. L’équilibre est complexe à trouver, le travail « sensible à Toulouse, la capitale de l’aéronautique », introduit le préfet.

Précision importante, les règles proposées ne valent que sur les vols programmés et de nuit, après minuit. « Ce sont ces vols qui dérangent et irritent le plus », pointe Pierre-André Durand.

Conformément au scénario retenu, les décollages seront interdits dès 23h ; les atterrissages, de 23h30 à 6h du matin. Une mesure qui devrait permettre de supprimer 441 vols à l’arrivée et 297 départs. Par ailleurs, « les avions les plus bruyants seront toujours interdits ».

Les compagnies seront libres de réorganiser leur planning de vol, par des suppressions ou en déplaçant les horaires. Ce qui pourrait bousculer les habitudes de certains voyageurs.

Des mesures moins sévères qu’annoncées : le préfet s’explique

En revanche, si, l’an dernier, le préfet avait évoqué un quota annuel de 400 vols autorisés à atterrir en cœur de nuit en cas de retard, ce dernier est désormais abandonné. Les mesures présentées ce mercredi sont donc « moins contraignantes que celles de septembre 2024 », présente le préfet. Et ce, en raison des nouveaux chiffres sur le trafic aérien. « Les ministres nous ont demandé une actualisation des données. Nous avons repris le travail au printemps et cet été, avec des projections jusqu’en 2029. » 

Le trafic sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac reste sensiblement en deçà de celui observé en 2019, avant la crise de la covid. Le nombre de passagers transportés est passé de 9,6 millions en 2019 à 7,8 millions en 2024, soit 82 % du volume enregistré en 2019. Le nombre de mouvements totaux (décollage ou atterrissage) est de 75 947 en 2024 contre 98 417 en 2019 (soit -23%).

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« Si le trafic est moins important, on ne peut pas appliquer le même mécanisme. En 2024-2025, on enregistre des niveaux qui sont les plus bas depuis 2010″ sur la tranche minuit – 6h du matin. Ces mesures déboucheront sur une proposition d’arrêté qui passera notamment dans les mains des ministères du Transport et de l’Écologie. C’est pourquoi, « il faut veiller à sa robustesse juridique », insiste Pierre-André Durand.

La Poste va stopper ses vols de nuit

Pour « apporter une réponse aux riverains » qui ont, à plusieurs reprises, signalé leur mécontentement causé par ces nuisances, le préfet a annoncé la suppression des vols de nuit Chronopost.

Une « avancée significative », estime le préfet, car du lundi au vendredi, la Poste fait décoller un avion à 22h45 depuis l’aéroport de Toulouse. Ce qui représente 240 vols par an qui seront interdits d’ici au 31 décembre 2028.

Pour leur image, les compagnies devront montrer patte blanche

Le préfet a également annoncé ce mercredi la création d’un comité de surveillance du trafic en cœur de nuit. Par arrêté préfectoral, cette fois-ci, il viendra remplacer l’actuel observatoire créé en 2011.

Chaque trimestre, au lieu de deux fois par an précédemment, il réunira des représentants de l’aéroport, un collectif de riverains, des élus de grandes collectivités, des représentants de compagnies aériennes… Sa composition est élargie.

Ce nouveau comité sera notamment chargé de présenter un bilan exhaustif du trafic. Et chaque compagnie ayant opéré des vols basculants dans le cœur de nuit devra présenter des éléments de justification de ces retards, assortis d’engagements sur des mesures correctives qui feront l’objet d’un suivi. 

Les conclusions seront rendues publiques, ce qui, selon le préfet, devrait permettre de mettre en lumière les compagnies vertueuses. Si aucun mécanisme de sanction n’est prévu, les compagnies qui tiendront à conserver une bonne image n’auront d’autre choix que de faire des efforts.

Un nouveau Plan de Prévention du Bruit

En janvier 2026, un Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) nouvelle génération sera également lancé. L’objectif ? « Refaire un travail de mesure, une cartographie du bruit des vols de nuit (22h-6h) en collaboration avec les riverains, les collectivités et les acteurs concernés. Ce nouveau PPBE sera valable jusqu’en 2029 inclus. »

Pour rappel, 100 000 habitants sont impactés par le bruit des avions, dans le couloir aérien qui traverse la Ville rose.

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